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Depuis un certain temps les agents de la douane contrôlent aux frontières pour empêcher l’entrée frauduleuse de produits importés et surtout les intrants agricoles non autorisés par l’État. Il ont failli perdre un des leurs dans la Capitale du Kénédougou.

Un nouveau système plus efficace a été mis en place par la douane pour empêcher l’entrée massive des produits importés de basse qualité qui inondent le marché malien. Ce dispositif de contrôle vise à protéger les consommateurs et l’économie du pays.

La cohabitation entre commerçants et douaniers n’a jamais été toujours bonne, mais personne ne pouvait imaginer que les fréquents coups de gueule entre les agents de la Brigade d’intervention mobile (BMI) et des forains sikassois allaient se terminer en coups de poing.

Après un arrêt au poste de contrôle d’entrée de la ville, le
camion remorque transportant passagers et marchandises s’est immobilisé au centre ville. Quelques minutes plus tard les agents de la BMI se présentaient et tentaient de le fouiller parce que suspecté de contenir des intrants agricoles (herbicides, fongicides), dont la vente est prohibée au Mali.

Il s’en est suivi une chaude discussion entre commerçants, douaniers et forces de l’ordre, venues à la rescousse des soldats de l’économie. Malgré tout, il y a eu un pare-brise cassé du véhicule d’un douanier. Il ne devra d’ailleurs la vie sauve qu’à l’agilité de ses jambes.

Face à cette situation les directeurs régionaux de la douane, du commerce de la concurrence, les représentants des chambres régionales consulaires, les conseils des chargeurs, des transporteurs et les commerçants se sont rencontrés mercredi dernier pour discuter et trouver un terrain d’entente.

 » C’est déplorable et incompréhensible de la part des commerçants et l’ensemble des populations qui ignorent nos missions. Nous exerçons une mission de l’État, c’est-à-dire empêcher l’arrivée de produits interdits à nos frontières. Nous protégeons les consommateurs des produits périmés et nocifs. Si cela n’est pas fait, des individus véreux trouveront le moyen de les mettre sur le marché », a plaidé le directeur régional de la douane, le colonel Mohamed Ag Hadé.

Les parties ont examiné ensemble les dix points de revendications des commerçants pour un marché fluide et assaini et une paix durable entre les usagers et les administrations de saisie et de contrôle. Toutefois, les marchandises saisies feront l’objet de vérification avant être rendues à leurs propriétaires.

Certains craignent que ce contrôle ne vienne s’ajouter à d’autres déjà en vigueur pour davantage alourdir la procédure. D’autres redoutent qu’un contrôle en amont, soit encore une dépense supplémentaire pour les opérateurs formels qui ne sont pas concernés par l’importation de produits bas de gamme.

Le directeur régional de la douane assure : « Il ne faut pas se focaliser sur l’aspect coût, mais plutôt sur les impacts futurs d’un marché assaini pour les produits locaux et la santé des populations. Je vous invite à cohabiter dans l’intérêt supérieur du pays ».

B. Y. Cissé

(correspondant régional)

27 Juillet 2010.