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Il s’agit pour elle d’aller mesurer les acquis de la décentralisation, identifier les difficultés et les contraintes liées à sa mise en œuvre. Cette démarche parlementaire s’inscrit dans le cadre de contrôle de l’action gouvernementale.

Durant les intersessions, l’Assemblée nationale envoie généralement des missions sur le terrain afin de contrôler une action précise du gouvernement. C’est ainsi que lors de la précédente intersession, les députés se sont intéressés à la construction des routes dans le Sahel occidental.

C’est ainsi que le bureau que préside IBK après analyse du rapport rédigé par Kaourou Doucouré du PARENA, a jugé utile d’interpeller le ministre de l’Equipement et des Transports, Abdoulaye Goita. L’exercice démocratique a permis à celui-ci de déceler des lacunes au niveau des chantiers et d’y remédier.

Aujourd’hui, c’est la décentralisation qui a été choisie par nos élus pour exercer leur contrôle. En effet, une mission parlementaire conduite par l’honorable Arboncano Boubèye Maïga, président de la Commission Administration Territoriale et Décentralisation, a quitté Bamako hier, jeudi 31 août pour le Mali profond, de Kayes à Gao.

Elle a pour objectif général de mesurer les acquis, identifier les difficultés et les contraintes liées à la mise en œuvre effective de la décentralisation et enfin, envisager les mesures d’ordre législatif nécessaires à l’amélioration de la conduite de cette reforme fondamentale de l’Etat.

La décentralisation est définie au Mali comme étant le système d’administration qui permet à une communauté humaine sur le territoire national de s’administrer par des organes élus dans les limites fixées par la loi.

La collectivité territoriale ainsi créée est dotée de la personnalité juridique et s’administre librement sous le contrôle de l’Etat.

Après sa phase de conceptualisation, engagée sous l’égide de la Mission de Décentralisation et des Réformes Institutionnelles – MDRI – la décentralisation au Mali est entrée dans sa phase active suite aux élections communales de 1999 et celles de mai 2004.

A en croire Arboncano Boubèye Maïga, la décentralisation vise deux objectifs fondamentaux.

Le premier est l’approfondissement du processus démocratique à travers l’adaptation de l’administration, et plus généralement du cadre institutionnel aux objectifs et aux enjeux du pluralisme politique en favorisant l’émergence d’une démocratie locale.

Le second porte sur la promotion du développement local et régional. Il s’agit donc d’encourager l’émergence d’initiatives au niveau des différents acteurs et la mise en place d’un nouveau cadre du développement à partir des préoccupations, des ressources et du savoir-faire des populations locales.

Rappelons que la réforme de la décentralisation a connu ces dernières années des avancées incontestables tant au plan institutionnel qu’en terme de fourniture de services de proximité aux populations.

Au nombre de celles-ci, on note la mise en place du cadre juridique et institutionnel de la décentralisation, la mise en place de dispositifs d’accompagnement – technique et financier – des collectivités territoriales, l’amélioration de l’offre de services de base aux populations et l’ébauche du processus de transfert de compétences de l’Etat aux collectivités.

Chahana TAKIOU

1 septembre 2006.