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L’objectif du voyage de « Controlarms-Mali » la semaine dernière à Kayes était de faire signer par le maximum de citoyens de la région une pétition afin d’envoyer un message fort contre la prolifération des armes légères et de petit calibre.

La mission a, semble-t-il, porté ses fruits. Car, 2600 résidents (cadres, religieux, membres de la société civile, des partis politiques et de mouvements et associations de jeunes…) ont apposé leurs signatures au bas de la pétition, démontrant que Kayes ne sera pas la passoire de la circulation des armes légères et de petit calibre.

Durant son séjour à Kayes, la délégation a formé et sensibilisé plus d’une soixantaine de jeunes sur les dangers et les conséquences des armes légères sur notre développement. Ces jeunes, à leur tour, ont pu faire signer plus de 2600 pétitions par des hommes et des femmes de toutes les catégories socioprofessionnelles en faveur d’un traité sur le commerce des armes légères.
Recevant la délégation, le gouverneur de la région de Kayes, le colonel Mamadou Adama Diallo, a salué l’initiative et assuré les organisateurs de la campagne de son soutien et de sa disponibilité. « Il n’y a pas de développement sans paix et il n’y a pas de paix quand des armes circulent entre les mains de ceux qui ne doivent pas les détenir », a-t-il rappelé, ajoutant que le gouvernorat, l’Assemblée régionale, le conseil de cercle et le conseil municipal doivent prendre la tête du plaidoyer en faveur d’une lutte sans merci contre les armes légères.

Engagement

Plusieurs autres personnalités de la région ont souscrit en faveur de la campagne, notamment le maire, l’imam de la Grande mosquée et l’évêque. Dans un élan de solidarité, ils ont demandé aux plus hautes autorités de prendre à bras le corps la lutte contre la fabrication, l’importation des armes légères.

Il y a aujourd’hui en Afrique subsaharienne plus de 30 millions d’armes légères. En Afrique de l’Ouest, on estime que plus de 2 millions de personnes ont été tuées par les armes légères depuis 1990. « Il est urgent, pour l’Afrique, de faire entendre sa voix contre le commerce illicite des armes légères », a reconnu Mamadou Fofana, 4e adjoint au maire de Kayes.

Selon les statistiques, chaque année, dans le monde, les armes tuent plus d’un demi-million de personnes, soit une personne chaque minute au vu et au su des gouvernements du monde entier. Une situation jugée impardonnable par les organisations de promotion et de défense des droits de l’Homme, qui mènent un plaidoyer en faveur d’un traité international sur le commerce des armes pour la protection des populations.

C’est dans ce cadre que le comité « Controlarms-Mali » a démarré la semaine dernière sa campagne de lutte contre le phénomène par la signature d’une pétition à Gao, Tombouctou, Kidal, Mopti, Sikasso et Kayes.

Toutes les composantes de « Controlarms-Mali (Commission nationale de lutte contre les armes légères, le Réseau des journalistes pour la paix, l’intégration et le développement – RJPID – et l’Association des femmes pour les initiatives et la paix – Afip -) étaient du voyage en première région.

Idrissa Sako (envoyé spécial)

13 juin 2006