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La double crise institutionnelle et sécuritaire que vit le Mali depuis le coup d’Etat du 22 mars 2012, continue d’enregistrer des comportements contraires à nos valeurs sociétales. Cette situation interpelle à plus d’un titre des patriotes et démocrates convaincus. Au moment où tous les Maliens de bonne foi sont préoccupés de trouver les voies et moyens pour surmonter cette crise durant laquelle notre » Maliba » a trop souffert, une autre catégorie de Maliens se donne tout le plaisir de ternir l’image d’un homme qui incarne les valeurs sures de la République. Ill s’agit, bien sûr, de El Hadj Ibrahim Kéita, un homme pénétré de grandes valeurs politiques.

Le peuple malien sait ce qu’il a vécu ces 20 dernières années. Dans un Etat démocratique, la véritable évaluation d’un homme politique se fait dans les urnes. Cette évaluation n’est pas le rôle des leaders politiques désespérés et perturbés par le vent d’un changement, qui ne leur est pas favorable. Les démocrates et patriotes maliens qualifient ces querelles de mesquines…. Un adage de chez nous dit : » Quand tu rencontres un homme de valeur, cherche à lui ressembler. Si tu rencontres un homme médiocre, cherche ses défauts en toi-même ».

IBK, par sa sagesse, a pu cultiver les valeurs d’unité et de cohésion et non pas par passion. Cet homme n’a jamais laissé filer entre ses doigts la confiance que les Maliens ont placée en lui. C’est pourquoi il tire sa légitimité de son parcours de grand combattant de la République.

Rappelons qu’IBK, par deux fois au moins, a sauvé notre pays du chaos. En 1994, après la démission rapide de l’actuel président par Intérim de l’Assemblée nationale et celle du regretté Abdoulaye Sékou SOW (paix à son âme) IBK est arrivé à la primature en pleine crise : crise scolaire, crise syndicale avec l’UNTM, rébellion sans oublier la dévaluation du franc CFA .

Je salue au passage les efforts de Bakary Koniba Traoré, excellent ministre porte-parole du gouvernement à l’époque. Ensemble avec le président Konaré, ils ont su relever les défis majeurs et, devant l’histoire, ils ont fait le serment, celui de réhabiliter les valeurs morales qui ont fait jadis la grandeur du Mali.

En 2002, il fait profil bas, à la limite de l’insupportable, malgré sa victoire à la présidentielle au motif que rien ne vaut le Mali. L’homme refuse de conduire son pays dans une situation qu’a connue le Kenya en 2007. Cet acte lui a valu la présidence de l’Assemblée nationale avec 46 députés pour le RPM.

A cause de sa méthode de travail et sa personnalité, il fait de l’Assemblée nationale la plus enviée des institutions de la République. Les travailleurs de l’Hémicycle et certains anciens députés ne tiennent que des propos nostalgiques et répètent à l’envie ce qu’il a fait au cours de sa présidence à Bagadadji.

Jamais cet homme n’a confondu le pays à sa propre famille. Contrairement à ce que Maitre Abdoulaye Wade a fait au Sénégal avant d’être démocratiquement chassé du pouvoir. C’est pourquoi rares sont ceux qui peuvent témoigner avoir vu un membre de sa famille se promener entre les couloirs de l’Hémicycle et les bureaux de l’institution pour d’éventuels avantages. Encore moins à la primature…….

Au regard de tous ces efforts, je ne peux jamais imaginer que le pire des ennemis de cet homme, ou encore le moins intelligent de ses détracteurs pouvait le qualifier de pro-putschiste ou co-auteur du coup d’Etat de Mars 2012. C’est vraiment mal connaître cet Homme d’une rectitude morale hors du commun. Heureusement que le ridicule ne tue pas!

Le fait de ne pas ignorer la mauvaise gestion du dossier du nord-Mali est-il synonyme de pro-putschisme ? Surtout quant on sait que le RPM s’est farouchement opposé à la signature des Accords d’Alger de juillet 2006. Alors où étaient les soi-disant républicains que le jeune maire Moussa Mara qualifie de : » Républicains sélectionnistes ».?

Aux détracteurs d’IBK, je demande d’éviter de tomber aussi bas en s’attaquant de cette manière éhontée à un homme de paix, de bien, de dialogue, de dignité , de cohésion et de respect surtout dans un pays à 90% musulman. L’Islam est par essence une religion de tolérance et d’amour du prochain. Elle ne laisse aucune place à la haine et à la calomnie. Retenons ce qu’a dit Nelson Mandela à ce propos : « La haine détruit plus celui qui la porte que celui contre qui, elle est orientée « . Alors sachons raison garder.

S’agissant du rajeunissement de la classe politique ou du changement générationnel, je dis oui, mais il faut le préparer lentement mais sûrement. Il faut le préparer profondément. C’est une loi naturelle que les systèmes politiques se dégradent, meurent et s’épuisent. Ce qui nous oblige à ne pas conduire le même système de gestion qui a conduit le pays à ce que nous connaissons tous aujourd’hui, et cela, peu importe l’âge de tel ou tel candidat.

La situation actuelle du Mali exige de nous le choix d’un sage qui ne regrette pas le poids du temps, mais qui compte juste sur son âge pour rassembler et mettre au service du pays toutes ses longues années d’expériences. Nous sommes pour ce type de passage du pouvoir générationnel avec évidemment des mesures d’accompagnement. Notre vieux peuple sait que tous les libérateurs ne sont pas porteurs de liberté et d’espoir. Personne ne peut emprisonner la tendance naturelle vers le changement. « Seuls les médiocres rampent sinon ceux qui sont bien restent bel et bien débout » , disait Jean Marie Doré de la Guinée. Que ceux n’ont pas de recette à proposer aux Maliens se mettent à l’écart et se taisent!

Secrétaire Général de la sous-section UJ / RPM Hamdallaye

L’Indépendant du 20 juin 2013.