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Dans le cadre de la 10ème Edition du Forum de Bamako dont le thème central était « L’Afrique, 50 ans après, le défi alimentaire, la faim sur le continent », le ministre de l’Énergie et de l’eau, Mamadou Igor Diarra, a fait une communication sur : « Liens services énergétiques et le développement agricole, quel impact ? ». C’était le mercredi 17 février au CICB devant une foule séduite par la pertinence du thème.

L’histoire de l »énergie se confond pratiquement avec celle de l’humanité. S’adapter au climat, faire cuire des aliments et se réchauffer font partie des besoins énergétiques de tous les temps.

C’est pourquoi, actuellement, quelle que soit la tâche à effectuer, qu’il s’agisse de déplacement, de consommation alimentaire ou de travail tout court, chacun de nous a besoin d’énergie.

D’après le ministre Mamadou Igor Diarra, « la contribution de l’énergie au développement du secteur agricole ira croissante et de manière durable, grâce à l’effet combiné de certaines actions« .

Parmi celles-ci, on peut noter la mise en œuvre des différentes politiques et stratégies régissant les secteurs de l’énergie et de l’agriculture; le développement des filières énergétiques structurantes pour l’essor de l’agriculture notamment la valorisation énergétique de la biomasse agricole, la filière des biocarburants, l’électrification rurale décentralisée et par l’extension des réseaux et les technologies des énergies renouvelables.

La poursuite et le renforcement des projets énergétiques-phares pour le développement agricole constituent également un aspect non négligeable dans le dispositif à travers le Projet Energie Domestique, d’un montant de 31 milliards de FCFA portant sur l’électrification rurale et la gestion rationnelle des ressources ligneuses, le Projet d’Appui au Secteur de l’Energie, financé à hauteur de 60 milliards de nos francs, portant sur le renforcement et l’extension des réseaux de transport et de distribution d’électricité; les projets d’interconnexion des réseaux du Mali avec ceux des pays voisins, en l’occurrence la Côte d’Ivoire, le Ghana, la Guinée etc., qui permettront l’électrification rurale par l’extension des réseaux; les projets du Plan directeur d’investissements optimaux de 2008 à 2020 qui touchent substantiellement le monde rural et les projets du Plan directeur d’électrification rurale sur la période 2007 2020.

Tout cela est soutenu par des politiques et stratégies définies pour relever les immenses défis du secteur agricole.

Ainsi, au Mali, des orientations sont données par le Gouvernement pour gérer la problématique du développement énergétique et agricole à travers un ensemble de documents référentiels qui sont : le Programme de Développement Economique et Social (PDES), le Cadre Stratégique pour la Croissance et la Réduction de la Pauvreté (CSCRP), la Loi d’Orientation Agricole (LOA) et la Politique Energétique Nationale (PEN).

Au Mali, les potentiels d’interconnexion électrique transfrontalière, en énergie éolienne, en biomasse et biocarburant, en énergie solaire et en hydroélectricité avec plus de 1.000MW, sont en parfaite adéquation avec les besoins du secteur agricole national.

Avec une population estimée à 14,5 millions d’habitants, l’économie malienne repose essentiellement sur le secteur agricole qui occupe environ 80% du monde rural (agriculture, élevage et pêche).

Les besoins énergétiques sont satisfaits, en grande partie, par les énergies traditionnelles à savoir le bois et le charbon de bois.

L’absence d’énergie sous ses formes modernes handicape lourdement le développement du secteur primaire.

Heureusement, a dit le ministre Diarra, « la politique de l’électrification rurale fait son chemin et a permis d’électrifier 125 localités rurales pour 41.000 abonnés. Ce qui donne un taux d’accès rural de 11,2% contre 25% à l’échelle nationale ».

Diakaridia YOSSI

24 Février 2010.