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A 24 h de l’ouverture officielle du 23e sommet Afrique France, les mouvements sociaux, environ 200 participants de 12 pays d’Afrique et du reste du monde, peaufinaient leurs dernières alternatives sur les maux qui minent l’Afrique : dictatures, dette odieuse, corruption, échanges inégaux, violations massives des droits de l’homme, impunité, pillages etc.

Au terme de trois jours de débats intenses sur ces thématiques, les participants au sommet alternatif ont porté un regard critique sur la Françafrique : « 45 ans de coopération et 22 sommets France-Afrique n’ont apporté aucun remède à ces maux. La coopération Françafrique n’a servi que les intérêts économiques et politiques des seuls dirigeants français et africains, au mépris des peuples qu’ils sont censés représenter », ont-ils déclaré avant de dénoncer la politique de la France en Afrique.

« En 2005, la France a validé le coup d’Etat électoral de Faure Eyadema au Togo, poursuivi un jeu trouble en Côte d’Ivoire. Elle soutient le régime agonisant d’Idriss Deby au Tchad et les pouvoirs dictatoriaux de Paul Biya au Cameroun, Denis Sassou Nguesso au Congo… avec une débauche de moyens insultant la misère de leurs peuples ».

Les participants ont en outre dénoncé les politiques de répression et de stigmatisation des populations immigrées ou d’origine immigrée, reflet d’un passé colonial mal assumé et d’un présent néo-colonial occulté.

Appel à la résistance

Face à l’échec de ces politiques, le sommet alternatif citoyen a décidé de relayer les aspirations de la masse des citoyens, d’organiser les réseaux internationaux associatifs qui les mobilisent pour permettre à leurs résistances de se construire, de mener des actions pour exprimer la révolte et obtenir des transformations radicales avec et pour les peuples.

Les « alterfrançafrique » entendent ainsi opérer un vaste programme d’éducation à la citoyenneté, favoriser le décloisonnement et la solidarité des luttes nationales, régionales et internationales, travailler conjointement pour la mise en place de mécanismes de lutte contre l’impunité des crimes politiques, économiques et exiger la libre circulation des personnes.

Pour concrétiser cela, dira la présidente de la Coalition des alternatives dettes et développement (CAD-Mali), Mme Barry Aminata Touré, « nous nous sommes engagés à mettre en place dans les prochains mois un cadre cohérent d’actions et de propositions car, ajoutera-t-elle, l’heure est venue de construire une véritable coopération entre l’Afrique et la France basée sur la vérité, la justice, l’égalité, la liberté et le respect mutuel ».

Le sommet alternatif de Bamako a permis de jeter les bases de cette résistance à travers un concert populaire avec une dizaine d’artistes au Carrefour des jeunes de Bamako vendredi dernier.

Au cours de cette manifestation, une centaine de jeunes se sont jetés à terre sur des calebasses vides pour les casser, signe de révolte, de dénonciation de la Françafrique, mais aussi de réclamation d’un monde nouveau en faveur des jeunes.

Sidiki Y. Dembélé

05 décembre 2005.