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En prélude à la Conférence de signature et de ratification de la convention sur les bombes à sous-munitions, tenue à Oslo en Décembre 2008, et dans le cadre de la Semaine mondiale d’action de la Coalition Mondiale de Lutte contre les bombes à sous-munition (CMC), qui se tient du 27 Octobre au 2 Novembre 2008, la section malienne de la CMC, en partenariat avec le Comité “Control Arms” du Mali, HANDICAP INTERNATIONAL, la Commission “Défense, Sécurité et Protection Civile” de l’Assemblée Nationale du Mali, et le Réseau des Journalistes pour la Sécurité et le Développement de l’Afrique de l’Ouest (RJS-DAO), a organisé une conférence de presse le 28 Octobre 2008, dans les locaux de ECOSAP.

En plus du président du Comité “Control Arms” du Mali, le Colonel Sirakoro Sangaré, la conférence a enregistré la présence du 1er Conseiller de l’Ambassadeur de France au Mali, des présidents de la Commission “Affaires étrangères” à l’Assemblée du Mali, l’honorable Dicko du RJS DAO et Amadou Maïga.

L’engagement des pays africains -particulièrement du Mali- au sein du Processus d’Oslo qui, le 30 Mai 2008 à Dublin, a abouti à l’adoption de la Convention sur les armes à sous-munitions, a fortement contribué à la mise en place d’un nouveau standard international. Au total, 34 pays d’Afrique ont adopté la Convention sur les armes à sous-munitions.

Parmi les pays africains ayant adopté la Convention sur les armes à sous-munitions, il est intéressant de noter la diversité des situations : ces armes ont été utilisées en République Démocratique du Congo, au Maroc (dans le territoire disputé du Sahara Occidental), en Sierra Léone, au Soudan, au Tchad et en Ouganda. L’Afrique du Sud, qui en est un ancien exportateur, est l’un des 34 pays connus ayant produit des armes à sous-munitions.

La Guinée, la Guinée-Bissau, le Maroc, le Nigeria, l’Afrique du Sud, le Soudan et l’Ouganda font partie des 77 pays (au moins) ayant stocké des armes à sous-munitions. Neuf autres pays ont participé, au moins, à une des réunions du Processus d’Oslo (Oslo, Lima, Vienne et Wellington). Mais l’Algérie, l’Angola, Djibouti, l’Egypte, la Guinée Equatoriale, l’Ethiopie, la Gambie, le Liberia et la Somalie n’étaient pas présents, lors des négociations pour l’adoption de la Convention à Dublin.

Utilisation de ces armes en Afrique

Au total, neuf pays africains sont contaminés, à des degrés différents, par des sous-munitions non explosées. Environ un tiers des territoires où les sous-munitions ont été utilisées se trouvent en Afrique. Et la plupart de ces armes ont été polluées au cours des 10 ou 15 dernières années.

Les armes à sous-munitions utilisées sur le continent africain ont été fabriquées par l’ex-URSS, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France, la Grèce et le Chili. De plus, des stocks abandonnés d’armes à sous-munitions ont été retrouvés dans plusieurs pays africains.

Production, stockage et transfert de ces armes en Afrique

L’Egypte et l’Afrique du Sud sont les deux seuls pays producteurs et exportateurs d’armes à sous-munitions avérés sur le continent. Au moins 14 états stockent des armes à sous-munitions ; et treize pays ont importé cette arme. Le chiffre des Etats stockeurs connus a progressé, avec l’engagement des Etats dans le Processus d’Oslo et la disponibilité de nouvelles informations. Pendant la Conférence des pays affectés par les armes à sous-munitions, tenue à Belgrade en Octobre 2007, l’Ouganda s’est engagé à détruire ses stocks.

Types d’armes stockées dans les pays africains

Des démineurs en mission en Angola ont rapporté la présence d’enveloppes de bombes à sous-munitions RBK 250/275, parmi les stocks de munitions abandonnés. Mais l’identité du belligérant qui avait le contrôle de ces stocks, durant les décennies du conflit angolais, demeure encore inconnue.

Dans sa contribution au Registre des armes conventionnelles des Nations Unies pour l’année 2000, la Moldavie a rapporté le transfert, vers la Guinée, de 860 missiles 9 M55K pour le système de lance-roquettes multiple URAGAN 220 mm : chaque roquette contenant 30 sous-munitions à forte charge explosive.

L’ONG britannique LANDMINE ACTION a rapporté la présence de sous-munitions PTAB 2.5 et d’armes à sous-munitions aériennes RBK en Guinée-Bissau. En 2000, les munitions ont été dispersées par une explosion, dans une infrastructure de stockage de munitions à Bra Barrio, située dans la banlieue de Bissau City.

L’Egypte et l’Afrique du Sud sont les deux seuls pays producteurs et exportateurs d’armes à sous-munitions avérés sur le continent.
L’Egypte est aussi un importateur important d’armes à sous-munitions, principalement en provenance des Etats-Unis, parmi lesquelles des projectiles d’artillerie, des bombes aériennes et des systèmes de lance-roquettes multiples pour des pièces d’artillerie.

Le Maroc est un autre destinataire important des exportations américaines d’armes à sous-munitions en Afrique.

Moussa TOURE

29 Octobre 2008