Partager


La Coalition des alternatives africaines, dette et développement (CAD-Mali) a organisé mardi dernier au Centre Aoua Kéita une journée de restitution des résultats de l’impact des APE sur les services sociaux de base.

L’enquête, qui a été réalisée à Bamako et Kati, a touché tous les aspects du développement et a mis à nu les conséquences des APE.

L’objectif de l’atelier de la CAD-Mali le 13 mai 2008 visait à valider le rapport d’étude d’impacts des APE, à exposer les résultats d’étude des impacts sur l’accès aux services sociaux de base notamment la santé, l’éducation et l’alimentation.

La restitution, selon les organisateurs, rentre dans le cadre de la campagne contre la signature des APE et les futures négociations que notre pays est en passe de signer avec l’Union européenne.

La base fondamentale des Accords de partenariat économiques (APE) est, selon la présidente de CAD-Mali, l’établissement d’une zone de libre-échange en supprimant progressivement l’essentiel des droits de douane entre les parties.

« C’est pourquoi depuis avril, CAD-Mali a mené des activités pour les dénoncer », a dit Mme Barry Aminata Touré pour qui, les différents secteurs de notre économie vont subir directement la concurrence des entreprises européennes et des produits subventionnés de leur agriculture.

« Les impacts potentiels, attendus de tels accords s’annoncent dramatiques pour les pays ACP, dont le Mali. Considérant cette situation de précarité et de faiblesse dans laquelle se trouvent actuellement les marchés et l’économie des pays ACP, il n’y pas de doute que ceux-ci sont encore fragiles et n’ont pas à présent réuni les conditions pour faire face à la compétition », a-t-elle poursuivi.

Selon Mme Barry, l’intégration sous-régionale, à peine amorcée, est encore loin d’être intégralement réalisée. A ses dires, face à la situation d’inégalité entre l’UE et les ACP, les acteurs de la société civile africaine et européenne ont réussi, avec l’aide des dirigeants africains, à différer la signature des APE, initialement prévue le 1er janvier 2008.

Le document de plus de 80 pages, touche à tous les aspects du développement.

Il a été adopté sous réserve des amendements et recommandations formulées par les participants. Aussi suite à un débat houleux est-il apparu que si le gouvernement a un penchant pour les APE, la société civile malienne dans son ensemble est farouchement contre lesdits accords, car les économies africaines seront liées à celles de l’Europe.

A noter que les Accords de partenariat économique (APE) sont définis dans l’Accord de Cotonou comme le principal instrument de coopération économique et commerciale entre l’UE, les Etats d’Afrique et les ACP. L’étude d’impacts de CAD-Mali a été réalisée par le sociologue Oumar Traoré grâce à l’appui d’Oxfam Novib.

Des services de coopération et des services techniques de l’Etat ont participé à l’atelier.


Idrissa Sako

15 Mai 2008