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L’agriculture étant le secteur qui emploie le plus d’enfants, Ipec/BIT-Mali profite du début de l’hivernage pour accentuer sa sensibilisation.

« Lutte contre le travail des enfants dans l’agriculture : la récolte du futur, une agriculture sans travail des enfants » était le thème de la Journée mondiale de la lutte contre le travail des enfants (14 juin). Une opportunité saisie par l’Ipec/BIT-Mali pour accentuer ses efforts de sensibilisation dans le monde rural.

Il a sillonné la région de Ségou (Ségou, Markala, Dougabougou, Siribala, Ndébougou et Niono) avec des représentants du Parlement des enfants, l’Association des jeunes et enfants travailleurs… et la troupe Tobodji.

Le choix de la région de Ségou n’est pas fortuit car les enfants, les talibés surtout, y sont souvent abusivement utilisés dans les rizières. Mais, les statistiques montrent que cette situation d’exploitation des enfants n’est pas l’apanage de Ségou, voire du Mali seulement. Ainsi, plus de 132 millions de garçons et filles de 5 à 14 ans travaillent dans des fermes et plantations à semer et moissonner des récoltes.

Selon des chiffres donnés par l’Organisation internationale du travail (OIT) en 2003, sur un million d’enfants, 200 000 sont victimes de traite chaque année dans le monde. Et 32 % (près de 400 000) sont originaires d’Afrique de l’Ouest et du Centre.

Ce qui rejoint les résultats d’une récente enquête nationale sur le travail des enfants. Celle-ci a mis en exergue le fait qu’environ 2 enfants sur 3 âgés de 5 à 17 ans sont économiquement actifs au Mali, soit un peu plus de 3 millions de filles et de garçons.

Sur place, à Ségou, Moulaye Hassane Tall (administrateur d’Ipec/BIT au Mali) et sa délégation ont constaté que la région est très propice à ce fléau. Ce qui s’explique par la présence d’une agriculture spéculative demandant une main d’œuvre abondante et bon marché, notamment dans les rizières de l’Office du Niger. D’où la pertinence d’une caravane de sensibilisation.

La troupe Tobodji du comédien Kari Bogoba Coulibaly dit Madou Wolo a, à travers chants, danses et sketches sur les enfants trafiqués ou exploités dans les champs, émerveillé et sensibilisé le public ségovien. Une prestation appréciée à sa juste valeur par la représentante du Parlement régional des enfants, Mlle Oumou Maïga.

« Nous savons tous que les enfants aujourd’hui sont les futurs cadres et décideurs de demain. Pour cela, nous avons l’obligation de leur faire jouir de leurs droits fondamentaux, c’est-à-dire l’éducation, la santé, le bien-être, la protection, le développement et la participation », dit-elle.

Le travail des enfants est une violation grave de leurs droits. Les conséquences de cette violation sont si néfastes qu’elles constituent un obstacle majeur à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).

Et en juillet 2006, l’ensemble des gouvernements d’Afrique de l’Ouest et du Centre se sont engagés à collaborer étroitement pour combattre la traite des femmes et des enfants à l’intérieur et à l’extérieur de leurs frontières lors d’une rencontre régionale à Abuja (Nigeria).

Cette initiative de l’Ipec/BIT-Mali est une contribution non négligeable pour le gouvernement du Mali pour tenir ses engagements internationaux en faveur des enfants.

Moussa Bolly
(avec le Rejocote)

25 juillet 2007.