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Le ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche (MAEP) a présenté le mercredi 27 juin aux partenaires techniques et financiers (PTF) un plan de lutte contre les criquets pèlerins dont le coût est estimé à plus de milliards de F CFA.

En plus des caprices de la météo liés au changement climatique et des événements douloureux dans le Nord de notre pays, la menace d’une crise acridienne plane sur les pays sahéliens dont le nôtre. Pour lutter contre les criquets, le ministère de l’Agriculture a élaboré un plan qu’il a présenté mercredi aux PTF.

Avant la présentation du plan, le ministre a fait le point de la situation acridienne dans la sous-région et dans notre pays. Selon le ministre Moussa Léo Sidibé, depuis janvier 2012 et suite à des pluies exceptionnelles enregistrées en octobre 2011, le long des frontières algéro-libyennes, une reproduction du criquet pèlerin a été observée dans le Sud-ouest de la Libye et le Sud-est de l’Algérie.

Il a informé que cette situation s’est aggravée à cause du maintien des conditions écologiques favorables à la reproduction du criquet pèlerin pendant à la mi-février 2012 dans ces mêmes zones. A ses dires, elle a débouché sur une deuxième reproduction en avril avec la formation des bandes larvaires et en mai la formation de groupes d’ailés.

Pour briser la dynamique des populations acridiennes et éviter à nos pays une éventuelle crise acridienne à l’image de celle de 2004, le Mali a élaboré un dispositif à deux options : plan A et plan B. Le plan A prévoit une intervention rapide de prospection et traitement de près de 50 000 hectares qui devrait nécessiter le redéploiement de 6 équipes mixtes de prospection/lutte dans les aires de grégarisation.

Le plan B prévoit une intervention d’envergure de prospection et de traitement d’environ 100 000 hectares. A l’en croire, pour la mise en œuvre de ce plan, 25 équipes de traitement devraient être mobilisées dans les zones de cultures adjacentes à la partie occupée du territoire. « Nous allons sécuriser les cultures dans les zones sécurisées. Ce n’est pas parce que nous voulons sacrifier Tombouctou », ajouté Moussa Léo Sidibé.

Le budget de mise en œuvre de ces plans est estime à 72 525 520 pour le premier plan et plus de 1,8 milliard de F CFA pour le 2e plan. Selon le ministre, les besoins exprimés ont porté sur le matériel roulant, les appareils de traitement autoportés, les matériels de protection et de camping, les divers équipements, les pesticides, le fonctionnement des équipes.

« La situation acridienne au niveau sous-régional et au niveau national constitue une vraie menace pour mon pays déjà ébranlé. La menace acridienne est régionale, le plan de lutte l’est aussi. C’est avec votre accompagnement que nous pourrions faire face à cet autre fléau qui pointe à l’horizon et pouvant compromettre dangereusement la campagne agricole qui vient de démarrer. Le gouvernement de la transition par ma voix, vous exprime sa gratitude pour votre soutien constant et vous lance un appel solennel pour l’aider à juguler cette invasion imminente », a sollicité le ministre.

Le représentant de la FAO au Mali, Dr. Thierry Ange Alla Ondo a promis que son organisation aidera financièrement le Mali. Il a invité les autres partenaires à faire autant.

Sidiki Doumbia

Echos du 29 Juin 2012