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Les associations et organisations professionnelles des médias du Mali désapprouvent totalement l’arrestation arbitraire du journaliste Seydina Oumar Diarra d’« Info-Matin ». Elles organisent une marche ce matin sur la Maison d’arrêt pour lui témoigner leur solidarité.

Seydina Oumar Diarra, journaliste au quotidien privé « Info-matin », a été interpellé le jeudi 14 juin 2007 par le procureur de la République près le Tribunal de première instance de la Commune III, Sombé Thèra à sa propre initiative. Le magistrat reproche à notre confrère d’avoir offensé le chef de l’Etat, dans un article intitulé : « Lycée Nanaïssa Santara, la maîtresse du président de la République », paru dans son édition du vendredi 1er juin.

De quoi s’agit-il ? Il s’agit d’un sujet banal sur les mœurs dans notre société qu’un professeur du lycée Nanaïssa Santara avait demandé à ses élèves de 10e lettres de traiter sous forme de contraction de texte puis de dissertation.

Le tort de notre confrère est d’avoir tout simplement rapporté cette histoire dans la presse. Seydina oumar Diarra, désapprouve par ailleurs le sujet parce qu’il est sans aucun apport pédagogique pour les élèves et pourrait même inciter à la débauche.

Pour les conseils de notre confrère Mes Mamadou Konaté et Moussa Kéita, ainsi que l’ensemble des organisations et association professionnelles de la presse malienne qui ont tenu une assemblée générale vendredi à la Maison de la presse, les autorités veulent museler la presse à travers l’interpellation puis l’incarcération du journaliste SOD.

La colère et l’indignation sont d’autant plus grandes dans les associations et organisations professionnelles de la presse que les procédures de l’arrestation et de l’incarcération du journaliste Seydina Oumar Diarra n’ont pas respecté les clauses de la loi régissant la presse et les délits de presse.

« Ils sont allés sur la procédure du droit commun », a expliqué au cours de l’AG Me Konaté, qui a demandé calme et sérénité aux médias. Mes Konaté et Kéita ont indiqué que d’autres avocats du Mali et de l’étranger se joindront à eux pour obtenir la libération de SOD le 26 juin 2007 date prévue pour son procès.

En attendant, ce lundi, une marche partira de la Maison de la presse pour la Maison d’arrêt de Bamako où il y aura un sit-in. Ce lundi aussi, tous les journaux de la place ont décidé de la publication de l’article incriminé.

Cette décision résulte du fait que les professionnels de la presse ne voient rien en quoi l’article incriminé par le procureur est une offense au chef de l’Etat du Mali.

Denis Koné

18 juin 2007.