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L’Etat cherche désespérément une solution à la vie chère. Sa nouvelle et ultime trouvaille est la fixation des prix des denrées de première nécessité.

En panne d’idée ou de fermeté, l’Etat sous la pression de l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM), a décidé de fixer les prix des denrées alimentaires de base. La fixation des prix est une initiative de la Commission nationale des prix créée à l’issue du Forum national sur les produits de première nécessité, organisé par le ministère de l’Economie, de l’Industrie et du Commerce et l’UNTM en février 2008 et dans laquelle siègent des importateurs.

Les denrées dont les prix seront bientôt fixés sont le riz, le sucre, le lait, la viande, l’huile, la farine de blé, entre autres. La décision de fixation des prix, appliquée pour la première fois dans notre pays, a été inspirée par l’ordonnance n°25 du 18 juillet 2008, qui stipule dans son article 3 que l’Etat peut fixer les prix des produits de première nécessité en cas de crise. Nous ignorons pour l’heure si la fixation sera définitive ou si elle est faite pour couvrir le mois de ramadan qui débute soit le 1er soit le 2 septembre 2008.

Tout ou presque a été envisagé par le gouvernement pour atténuer les conséquences de la vie chère sur les populations. Cette mesure n’est pas du goût de certains opérateurs économiques. Ces derniers la rejettent, faisant intervenir la notion de liberté des prix et la fluctuation des cours sur le marché international. Un argument qui n’a pas sa raison d’être.

Exos fantaisistes et complaisantes

A preuve, les exonérations fantaisistes et complaisantes accordées récemment à des opérateurs économiques rien que sur le riz, le lait et l’huile raffinée et qui s’élèvent à 9,5 milliards de F CFA n’ont produit aucun effet.

Comme nous l’écrivions dans notre parution n°3143 du jeudi 21 août, ces exonérations devaient permettre aux consommations d’acheter le riz indien ou thaïlandais brisure 25 % à 310 le kg et non 375 à plus de 400 F CFA le kg, l’huile raffinée importée de la Côte d’Ivoire à 815 F le litre au lieu de 950 F et le lait en poudre en vrac à 2800 le kg contre 3200 F CFA.

Selon les statistiques de la direction nationale du commerce et de la concurrence (DNCC), la tension observée sur le riz au plan international est à la baisse. Les stocks sont également disponibles au Mali qui consomme en moyenne 55 000 tonnes de riz par mois.

La fixation des prix correctement appliquée et surveillée par les forces de l’ordre et de sécurité ainsi que les agents de la DNCC, tous représentés dans la commission, pourrait avoir les effets escomptés.

La semaine dernière, le gouvernement nigérien a pris les mêmes dispositions visant non seulement à fixer les prix planchers pour les produits de base et à les revoir à la baisse en prévision du mois de carême.

Le ministre nigérien du Commerce qui lisait le décret sur le plateau de Télé Sahel n’a pas porté de gangs pour mettre en demeure les spéculateurs et les contrevenants aux mesures ainsi prises avec l’effort de tous les Nigériens.

Au Mali également, ces exonérations, accordées pour faire baisser les prix sur le marché, sont loin d’être des cadeaux. Elles proviennent des impôts que tous les citoyens payent de différentes manières.


Abdrahamane Dicko

25 Août 2008