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Dans le cadre de sa politique de sécurité alimentaire et particulièrement pour atténuer le coût des céréales notamment du riz avec la période du jeûne musulman qui débute bientôt, le gouvernement a initié une politique de prix du riz qu’il a subventionné. Ce riz, qui proviendrait de l’Inde, est vendu aux commerçants détaillants au prix de 300 F CFA/kg. A leur tour ils doivent le céder à 310 F CFA kg au consommateur. Reste à savoir si cette politique de prix sera bien appliquée.

Pour permettre au consommateur d’accéder au riz, 20 boutiques témoins par commune ont été installées dans le district de Bamako, aux dires de Mari Coulibaly, l’un des responsables de l’Association des commerçants détaillants que nous avons rencontré mardi dans le magasin témoin des usines Achcar où se trouve le stock de riz.

La boutique témoin est l’endroit où le consommateur doit s’approvisionner en riz au prix de 310 F CFA le kilo. Il est à savoir qu’il est cédé à 300 F CFA aux détaillants dans le magasin tierce.

Mardi, l’approvisionnement des 120 boutiques témoins en riz du district se poursuivait. Selon Mari Coulibaly, 148 tonnes de riz devaient être livrées dont 4 tonnes pour la Commune de Moribabougou, 15 tonnes pour Koulikoro, le reste devant être réparti entre les communes I et II du district de Bamako. Pour le moment, a-t-il dit, l’intérieur du pays n’est pas encore concerné, excepté le cercle de Kita, où 20 tonnes ont été livrées.

L’opération d’approvisionnement des boutiques témoins devait s’achever le 19 août 2008. Chaque boutique témoin a droit à deux tonnes de riz.

Selon notre interlocuteur, le client n’a pas à se faire des soucis pour avoir le riz à un autre prix que celui de 310 F CFA. Un système de contrôle est mis en place. Une équipe de deux personnes, l’une du Projet d’appui aux commerçants détaillants et l’autre de la DNCC, veillera à l’application des prix.

L’équipe sillonnera, assure-t-on, chaque jour les boutiques témoins pour voir si les prix sont affichés sur les sacs. De plus, poursuit M. Coulibaly, la liste des boutiques témoins sera diffusée instamment c’est la DNCC qui est chargée du contrôle des prix aux consommateurs.

A l’en croire, les commerçants détaillants ont l’obligation de fixer le prix sur une étiquette collée au sac. Le riz vendu à 310 F CFA est de deux qualités qui proviennent toutes de l’Inde selon les indications inscrites sur les sacs. La première qualité est le riz indien long, 25 % de brisure, produit en 2007 et à consommer avant 2010. La seconde qualité est l’Indian White Rice long grain 5 % de brisure, produit en 2007 et à consommer avant 2011.

Selon M. Coulibaly, le choix des boutiques témoins a été fait par une équipe de trois personnalités composée du président des commerçants détaillants de chaque commune, du chef de quartier et du président du marché.

Les boutiques témoins sont, certes salutaires, mais faudrait-il qu’elles soient accessibles à la population. Mais que surtout cette opération ne se transforme en une affaire où il y à boire et à manger sur le dos du pauvre.


Denis Koné

21 Août 2008