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Du 27 au 28 août 2007, le Grand Hôtel de Bamako a servi de cadre à la réunion sous-régionale du “Bilan-programmation” relatif au contrôle des armes. Les représentants d’OXFAM du Mali, du Sénégal, de la Grande Bretagne, du Nigéria, du Togo, du Libéria, et du Ghana ont pris part à cette rencontre.

L’ouverture de cet atelier- financé par la coopération suédoise- a enregistré la présence du Colonel Minkoro Kané, Mohamed Coulibaly, Sirakoro Sangaré, Gilles Marion, et Mme Karine Elfving .

Le président du Commission Nationale de la Lutte contre la Prolifération des Armes lègères au Mali et dans l’espace CEDEAO, M. Sirakoro Sangaré, a remercié les participants pour avoir répondu à l’appel, pour faire le bilan des activités annuelles.“Sans paix, aucun développement n’est possible”, a-il dit, avant de recommander des échanges fructueux, pour que l’Afrique de l’Ouest puisse aller de l’avant dans sa lutte.

Au nom OXFAM Grande Bretagne, M. Gilles Marion a salué les partenaires du programme de contrôle des armes légères en Afrique de l’Ouest. Pour lui, la tenue de cet atelier est l’un des mécanismes de suivi et d’évaluation institués dans le cadre de la mise en oeuvre du programme.

Il a par ailleurs précisé que depuis plus d’une dizaine d’années, OXFAM Grande Bretagne intervient en Afrique de l’Ouest dans le cadre de la prévention et la gestion des conflits, en appuyant des organisations de la société civile, dont certains sont partenaires du programme.

A l’en croire, depuis 2003, OXFAM Grande Bretagne travaille avec les organisations de la société civile ouest- africaine pour la campagne “Contrôlons les armes”, dont l’objectif est d’adoption, par les Nations Unies, d’un traité sur le commerce des armes.

Pour la circonstance, M. Gilles a évoqué le rôle important des gouvernements de la CEDEAO, notamment ceux du Ghana, du Mali et du Sénégal, à travers les commissions nationales de lutte contre les armes légères. “La réussite de cette campagne est un motif réel de satisfaction pour OXFAM Grande Bretagne”, a-t-il ajouté.

M. Gilles a également expliqué que les activités de ce programme couvrent l’ensemble des pays de l’Afrique de l’Ouest, à travers les actions menées par les partenaires régionaux -tels que WAANSA, PANAFSTRAG, UNREC, WANEP…- et plus spécifiquement, au niveau des pays: au Mali, pour la Commission nationale de Lutte contre les Armes lègères, au Ghana par FOSDA, et au Sénégal par Afrique Enjeux…

A ses dires, le programme repose sur deux leviers fondamentaux: la sécurité et le développement.“Il cible particulièrement les communautés de base exposées aux dangers de la circulation illicite des armes légères, à l’accentuation de la pauvreté et aux autres menaces récurrentes liées à la situation de conflit.

Il est important de souligner que ce programme vient en complément des efforts de la sous – région ouest – africaine en matière de lutte contre les armes lègères impulsés par la CEDAO à travers l’unité des armes légères et l’ECOSAP.”

Pour la représentante de la coopération suédoise, la circulation des armes constitue une menace et un danger pour les populations cibles. Pour la cause, elle a salué, la démarche de OXFAM pour la stabilité sociale. Et c’est dans cette optique que depuis 2006, il s’est tissé un partenariat fécond entre la coopération suédoise et OXFAM, a-t-elle dit.

Quant au chef de cabinet du ministre des Forces armées et des Anciens combattants, le Colonel Minkoro Kané, il a noté qu’aujourd’hui, la violence intercommunautaire et la guerre tuent plus que la tuberculose et le paludisme. Des blessures physiques et psychologiques qui marquent pour la vie des centaines de milliers de femmes et d’enfants innocents.

A l’en croire, depuis plus de dix ans, la sous région ouest africaine ne cesse d’être le théâtre de violents conflits armés, avec leur cortège de souffrances humaines et leurs conséquences désastreuses sur les économies des pays.“Malgré les efforts faits par les gouvernements des Etats africains (la convention de la CEDEAO par exemple sur les armes légères),cela reste insuffisant tant qu’ils n’auront pas tous ratifié cette convention et revu leurs lois respectives sur les armes ,conformément au contexte actuel”.

Selon M. Kané, le défi qui reste est l’adhésion de toutes les nations du monde au traité sur le commerce des armes-surtout les pays producteurs-en vue mettre fin à cette question de prolifération des armes.

Minkoro Kané a prôné une volonté politique affirmée des pays et de l’engagement des gouvernements respectifs et de la société civile en faveur de la lutte contre la prolifération dans armes légères et leur détention illégale par les civils.

Signalons que ces deux jours de travaux ont permis aux participants de procéder à la revue des activités du premier semestre de la deuxième année de mise en oeuvre du programme et à la planification de nouvelles activités pour le prochain semestre.

Mariétou KONATE

30 août 2007.