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Les autorités nigériennes ont engagé une lutte sans merci contre ceux qui ont abusé des biens et fonds publics. Les nôtres devaient en faire autant, ne serait-ce que par patriotisme.

Tous ceux qui ont suivi le journal télévisé de lundi soir ont pu observer un président de la transition du Niger déterminé à faire le ménage dans son pays : en s’attaquant à ceux qui ont pillé, volé ou détourné des fonds ou biens publics.

 » Tant que ma tête demeure sur mes épaules, je lutterai contre le fléau (…). Tous ceux qui savent qu’ils doivent à l’État et que s’ils ont des choses à vendre, ils n’ont qu’à les vendre pour payer, sinon ils iront en prison ! Et ça ne fait que commencer. Hier, nous avons récupéré 2 milliards de F CFA », a lancé le président Djibo devant une foule de Nigériens.

Joignant la parole à l’acte, plusieurs personnes, même celles supposées « intouchables » et soupçonnées d’avoir détourné des fonds publics, se trouvent derrière les barreaux en attendant le jour de leur procès. Ceci devait servir de ligne conductrice pour nos autorités. Mais il semble qu’elles sont encore à des années lumières de cette vision patriotique nigérienne.

Il apparaît dans la pratique et dans les faits que le pouvoir qui nous gouverne encourage la gabegie, le détournement, le vol, l’usage abusif des biens de l’État. Pire, la promotion dans l’administration se fait à hauteur « des dégâts causés ».

A l’image de la Commission de lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite, créée par l’ex-président Moussa Traoré dans les années 1980 pour, soit disant, lutter contre la corruption, le Bureau du Vérificateur général, une trouvaille du général ATT, demeure un outil inefficace dans la lutte contre la corruption.

La Commission de lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite avait été créée à un moment où il manquait perpétuellement de liquidité dans les caisses du Trésor, alors que de l’autre côté, les agents de l’État étaient riches. Cette Commission a été dissoute sans qu’on dise les raisons de sa dissolution ni les résultats auxquels elle était parvenue.

Si elle a été inscrite dans le Programme de développement économique et social (PDES) sous la base duquel ATT a été élu en 2007, la lutte contre la corruption et le détournement des biens publics demeure timide. La plupart des Maliens continuent de voir au BVG une structure superflue, budgétivore qui n’est là que le prestige personnel de quelques affidés du régime.

A preuve, les nombreux cas d’irrégularités impunies signalés par Sidi Sosso Diarra, le Vérificateur général, dans ses rapports. Leurs auteurs continuent de se pavaner, si ce n’est de narguer la population comme au temps de l’UDPM.

Un haut cadre avait déclaré qu’il allait malgré tout terminer la construction de son château et y aménager contre vents et marées. Pour assurer les Maliens, le président ATT devra faire de son jeune frère du Niger son Pygmalion en la matière.

Denis Koné

04 Août 2010.