Partager

Contrat FMF- Orange Mali
Les raisons d’un blocage

Longtemps annoncé dans les milieux sportifs, le contrat de partenariat entre la FEMAFOOT et la société Orange Mali est loin de voir le bout du tunnel. Pour cause : le football malien est dans l’incertitude et l’instance dirigeante ne disposerait pas d’un plan d’actions cohérent et suffisamment attrayant.

Le contrat de partenariat, entre la fédération malienne de football et la société de téléphonie mobile Orange Mali, connaît de réels blocages. Longtemps attendu par les responsables de Malifoot comme la solution à un récurrent problème de financement, le juteux contrat qui porte un milliard de francs CFA pour cinq ans, risque de ne jamais être signé, même si, de sources proches des deux structures, les choses ne tiennent qu’à des questions de détails. La signature de l’accord de partenariat entre la fédération malienne de basket et Orange Mali, intervenue il y a quelque jours, a renforcé les doutes et suscité des inquiétudes chez les responsables du football. Ce, d’autant que le football était plus avancé dans les négociations avec Orange que le basket. La fédération de basket s’est montrée plus convaincante aussi bien par ses résultats sportifs que par sa politique cohérente de développement. Alors tout porte à croire que l’équipe dirigée par Salif Kéïta n’a pas de chance de signer ce contrat avec Orange tant qu’elle n’aura pas donné certaines garanties. Les responsables fédéraux sont contestés et ne font pas l’unanimité autour d’eux. Comme le mandat de l’équipe actuelle expire dans le courant de l’année 2009, certains n’hésitent pas affirmer qu’elle est disqualifiée pour décrocher un engagement qui s’étale sur cinq ans. Les responsables de la société leader de la téléphonie cellulaire au Mali ont toujours à l’esprit que, c’est ce défaut d’unanimité, découlant d’un manque de transparence dans la gestion des affaires, qui a été la raison principale de l’annulation du contrat Ikatel signé il y a deux ans entre les deux structures.

Cette année, avec l’implication de son conseiller spécial exclusif Malamine Koné, la FEMAFOOT a entrepris des négociations avec Orange Mali qui ont abouti à un contrat d’un milliard de Fcfa. Les choses semblaient d’autant plus évidentes que la fédération a réuni les responsables des clubs de première division à qui elle s’était proposée de verser la somme de 10 millions de Fcfa par saison. A ceux-ci, elle avait même promis que la première tranche sera payée au plus tard le 31 janvier dernier, ce qui confirme du reste que le contrat devait être signé avant cette date. Aussi, la FEMAFOOT avait assuré son partenaire de l’adhésion de l’ensemble des clubs de première division qui verront le logo «Orange» floqué sur leurs maillots. Les quatorze de D1 étaient tenus d’exprimer leur pleine adhésion à travers une correspondance adressée au bureau fédéral. Tous l’ont, semble t-il, fait sauf le Stade Malien de Bamako qui s’est engagé avec l’autre société de téléphonie mobile, Malitel. Dès lors, la FEMAFOOT est incapable de transmettre l’adhésion écrite de l’ensemble des clubs concernés et Orange dispose d’une première raison d’hésitation. Au-delà, la fédération ne disposerait même pas d’un plan d’action cohérent et convaincant pour un sponsor du rang de Orange Mali SA. Des observateurs en veulent pour preuve : au sortir de l’échec malien de la dernière CAN, la FEMAFOOT a simplement utilisé l’entraîneur comme un bouc émissaire sans avoir réellement situé les raisons de l’échec. Il se trouve également que l’équipe nationale, sur qui porte une part importante des engagements, n’a plus la grande côte et a beaucoup perdu de sa valeur marchande. La FEMAFOOT doit faire des propositions d’offres plus lisibles et plus visibles pour attirer les gros investisseurs. Malheureusement, elle n’a jamais impressionné sur ce plan. Ce qui expliquerait réellement le blocage actuel. Or, le championnat est à la moitié du chemin. Pour Orange Mali, s’engager cette année n’apporte pas la rentabilité souhaitée sur le plan de la visibilité, malgré son statut d’entreprise citoyenne au service du sport et de la jeunesse du Mali.

La société est en droit de douter, surtout au regard de nombreuses incertitudes qui planent aujourd’hui sur le football malien.
Au sortir de l’échec de la CAN 2008, au lieu de situer sa part de responsabilité, la FEMAFOOT a plutôt chercher a jeté l’anathème sur l’Etat à travers des accusations portées sur l’entraîneur national. Dès lors, un bras de fer n’est pas exclu en l’avenir entre le département des sports et la fédération. Et cette fois, l’Etat n’hésiterait pas à aller dans le sens d’une dissolution de la FEMAFOOT, comme c’est le cas dans certains pays ayant échoué lors de la dernière CAN.

Les prémices de dégradation des relations département /FEMAFOOT sont aussi perceptibles dans la menace de suspension qui pèse sur le stade du 26 mars de Bamako. A ce niveau les accusations de détournement qui pèsent sur certains membres du bureau fédéral constituent également de réels motifs de méfiance pour les responsables de Orange. Faut-il révéler que des membres du bureau fédéral sont accusés d’avoir détourné des ristournes versées par une société de la place. L’on comprend aisément toute la méfiance de Orange Mali, préoccupée par la meilleure visibilité de son image.

Si d’aventure ce contrat n’est pas signé, nul doute que la situation financière de la fédération sera des plus insupportables, car de nombreuses dépenses ou créances attendent seulement l’entrée des fonds Orange. Les responsables de notre sport roi ne peuvent non plus compter sur les fonds qui leur étaient régulièrement mis à disposition par Malamine Koné, l’ex- conseiller spécial, démissionnaire. Et cette absence de disponibilité financière pèsera certainement sur le déroulement normal du championnat national et même sur l’organisation programmée de la prochaine assemblée générale de la FEMAFOOT.

Souleymane Diallo

31 mars 2008