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La contestation des résultats électoraux est devenue monnaie courante en Afrique et cela découle du fait que les vaincus refusent de se rendre à l’évidence, de reconnaître les résultats issus des urnes. Ce qui ternit le jeu démocratique car, les élections devaient constituer plutôt une fête. En décidant d’agir ainsi, les responsables du FDR viennent de montrer à l’opinion nationale et internationale qu’ils sont des assoiffés du pouvoir, des prétentieux.

Les Maliens étaient appelés aux urnes le 29 avril dernier pour élire un nouveau président de la République. Pour cela, huit candidats étaient en lice: Amadou Toumani Touré, président sortant et candidat à sa propre succession, Ibrahim Boubacar Keïta, président de l’Assemblée Nationale et président du Rassemblement Pour le Mali, Tiébilé Dramé, président du PARENA, Mamadou Sangaré, président de la CDS, Soumeylou Boubèye Maïga de Convergence 2007, Oumar Mariko, du parti SADI, Madiassa Maguiraga, président du PPP et Mme Sidibé Aminata Diallo, présidente de REDD.

Ils ont tous battu campagne en fonction de leur programme et de leurs moyens. Ces élections ont été l’occasion pour nos compatriotes de prendre connaissance des différents projets de société. Certains sont restés fidèles à leur idéologie tel que Oumar Mariko.

Dans toutes ses interventions, les mêmes propos sont revenus à savoir la nationalisation des entreprises et sociétés d’Etat. Partout, il a prôné aussi le retour de la terre aux paysans en zones Office du Niger. Ce qui est salutaire de sa part, puisqu’il est resté constant depuis plus de 5 ans.

QUE RETENIR DES CANDIDATS DU FDR ?

Le FDR, c’est le nom du regroupement politique réunissant quatre candidats à savoir: IBK, Soumeylou Boubèye Maïga, Tiébilé Dramé et Mamadou Sangaré dit Blaise.

Contrairement aux autres candidats, nous avons constaté de l’agitation stérile dans le camp du FDR. Il n’y avait aucune concordance dans les idées, les contradictions s’accumulaient au fil de la campagne. Ce qui a semé le doute dans l’esprit des électeurs.

Certains ont même été incapables d’expliquer leur programme, à chaque sortie médiatique, ils s’en prenaient au candidat ATT, à son entourage ainsi qu’à sa famille. Ils pensaient que cela était à leur avantage, ce qui était tout à fait le contraire.

Puisque les électeurs se sont exprimés le jour du scrutin, ils ont fait savoir ce qu’ils ont retenu d’eux après toutes ces injures et calomnies. Les résultats obtenus par chacun d’eux sont insignifiants. Cela prouve à suffisance que les intoxications n’ont servi à rien. C’était uniquement de la poudre aux yeux.

LES ENSEIGNEMENTS DU SCRUTIN

Il ressort que le candidat Amadou Toumani Touré a été plébiscité par les Maliennes et les Maliens. Le suffrage exprimé à sa faveur est éloquent. Il a “gagné partout, y compris dans les fiefs présumés des autres candidats”, avait martelé Me Mountaga Tall, le porte-parole du candidat.

Comme exemple, ATT a gagné à Nioro avec 20 176 voix contre 7 046 voix pour Tiébilé Dramé et 4 075 voix pour Ibrahim Boubacar Keïta.

Dans le cercle de Kangaba sur 16 158 suffrages exprimés, Amadou Toumani Touré a obtenu 10 371 voix contre 5 247 voix pour le supposé fils du terroir Ibrahim Boubacar Keïta.

Dans le cercle de Gao, il y a eu 51 524 votants, ATT est arrivé largement en tête avec 38 808 voix et le natif de la ville Soumeylou Boubèye Maïga n’a reçu que 6 551 voix.

Le deuxième renseignement, c’est le net recul du candidat du Rassemblement Pour le Mali. Il a reculé à Bamako et est arrivé second derrière ATT.

Tiébilé Dramé, quant à lui, a été la grande déception lors des campagnes. Il a tenu un discours décousu avec beaucoup de contradictions dans ses idées. Il n’a jamais été en mesure d’expliquer son programme, puisqu’il était sorti de son gant et il était devenu méconnaissable.

Les résultats provisoires de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales ont confirmé les pronostics des observateurs de la scène politique nationale et internationale. Ceux qui prédisait la victoire d’ATT dès le premier tour n‘ont-ils pas eu raison?

Ce qui est surprenant, c’est le large score obtenu: plus de 70% des suffrages exprimés à sa faveur. L’on pensait que le score serait serré entre lui et son challenger IBK, eu égard aux propos de ce dernier.

A travers les résultats donnés par le MATCL, on retient que les électeurs ont donné l’autorisation à ATT de continuer l’oeuvre commencée afin de parachever celles qui sont en cours et d’initier celles prises en compte dans le cadre du PDES.

Mamadi TOUNKARA

09 mai 2007.