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Le Directeur Exécutif de Randgold Resources, Mark Bristow, entouré de ses plus proches collaborateurs, a organisé le mercredi 26 octobre une conférence de presse à l’Hôtel Omono, sis au Quartier du Fleuve.
Au cours de cette rencontre, prévue pour durer une heure, selon le Maitre de Cérémonie, Ibrahima Diombelé, le patron de Randgold a fait un grand exposé, de deux longues heures sur «Randgold Resources, Mali… Deux décennies de prestation efficace».

Ainsi, il a laissé entendre que sa société, comprenant Syama (93 milliards), Morila (160 milliards), Gounkoto (158 milliards) et Loulo (994 milliards), a investi 1 480 milliards de FCFA au Mali depuis 1996. Ensuite, il a soutenu que les opérations de Randgold au Mali ont contribué pour 1 053 milliards de nos francs à l’Etat depuis 2000.
Avant de dénoncer le Code minier actuel (aspects fiscal et juridique), qui, selon lui, n’encourage pas les investisseurs.

S’y ajoute le fait que le Mali, toujours selon Mark Bristow, est moins attractif en matière de facteurs de production (coûts de production), électricité et d’autres infrastructures. Ce n’est pas tout: la moitié des mines en exploitation pourrait fermer en 10 ans. Cependant, il a révélé que Randgold allait laisser un héritage, à travers des initiatives d’agro-business.

Il a par la suite mis en exergue les actions de Randgold Resources dans le cadre du développement durable. Les journalistes étaient lassés de l’écouter, parce qu’il n’avait toujours pas évoqué l’actualité brûlante: le contentieux qui oppose l’Etat à Randgold Resources. Il a terminé son long exposé sans en piper un mot.
Les confrères, au nombre de quatre, qui ont eu l’occasion d’intervenir, l’ont tous, sans exception, interpellé sur cette question. Dans un premier temps, il a dit que le contentieux n’était pas sur la TVA, parce que, pour lui, l’or n’étant pas vendu au Mali, celui-ci ne devrait pas percevoir de TVA.

Alors, sur quoi porte le contentieux? Il a été incapable de le préciser, déclarant «nous avons des incompréhensions avec l’administration fiscale. Nous avons le droit de contester». C’est une contrevérité, parce qu’une somme importante du contentieux porte bel et bien sur la TVA.

Mark Bristow de préciser encore que ce contentieux n’était pas allé devant le CIRDI et que Randgold n’avait jamais été condamné. C’est une énormité! Le CIRDI a bien tranché ce dossier, comme le précédent, qui a vu l’Etat du Mali rembourser 19 milliards à Randgold. Mais cette dernière refuse d’accepter la dernière condamnation, la sentence du CIRDI qui demande à la société de Mark Bristow de payer 42 milliards de nos francs au Trésor Public malien.

Aujourd’hui, 15 milliards ont été payés par Randgold, en plus des 10 milliards déjà payés. Le reliquat, soit 17 milliards, a fait l’objet d’un échéancier de remboursement avant la fin de l’année. Suite à cette négociation, Randgold fut autorisé à rouvrir ses bureaux. Nous disons félicitations au Ministre Boubou Cissé.

La réalité, c’est que nous avons tout cela dernière nous. Malgré tout, le patron de cette multinationale continue d’asséner des contrevérités, en déclarant par ci «nous allons négocier» et par là «nous avons le droit de contester».

Randgold sait bien que c’est pour triche au fisc qu’elle a été condamnée et qu’elle a même signé un échéancier de remboursement. Ce qui explique, une fois de plus, la réouverture de ses bureaux. Si, après tout, elle ne respectait pas ses engagements d’ici décembre, nous allons la juger, à l’instar des autres sangsues qui sucent le sang des Maliens. A suivre.

Chahana Takiou

31 Octobre 2016