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Après la proclamation provisoire des résultats complets du scrutin du 29 avril dernier par le ministère de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales (MATCL), et après plusieurs actions intentées par le Front pour la Démocratie et la République (FDR) contre lesdits résultats, les regards sont désormais tournés vers la Cour Constitutionnelle dont le verdict est vivement attendu. Bien avant que le département en charge de l’administration ne se soit prononcé le vendredi 4 mai 2007, les leaders du FDR avaient déclaré qu’ils ne reconnaîtront pas le verdict des urnes sous prétexte qu’il ya eu tripatouillages. En confiant la défense du dossier du scrutin du 29 avril 2007 à une demie douzaine d’avocats, le FDR met la pression sur les neuf sages de la Cour Constitutionnelle. Vont-ils se laisser faire?

LE FDR SOUFFLE LE CHAUD ET LE FROID

Tous les observateurs de la scène politique malienne qui ont suivi la précampagne en vue de l’élection du président de la République le 29 avril dernier pouvaient aisement conclure sur une défaite du FDR. En lieu et place d’un travail de fond auprès de l’électorat, les leaders du FDR ont plutôt organisé la contestation comme s’ils savaient que la cause était perdue d’avance. Comme il fallait s’y attendre, dès le mardi 1er mai, les quatre leaders du FDR, candidats malheureux à l’élection présidentielle du 29 avril dernier ont rejété en bloc les 1ères tendances favorables à ATT au cours d’une conférence de presse.

Le mercredi 2 mai, des jeunes proches du FDR ont tenté de troubler l’ordre public en organisant une marche improvisée. Le jeudi 03 mai, les quatre leaders du FDR, à savoir Ibrahim Boubacar Keïta, Tiébilé Dramé, Soumeydou Boubèye Maïga et Mamadou Bakary Sangaré dit Blaise ont animé un meeting dans la salle des spectacles du stade Omnisports Modibo Keïta. Après ces actions sur le terrain, le FDR a changé le fusil d’épaule en engageant la bataille judiciaire.

Nous apprenons qu’un pool d’avocats comprenant entre autres Me Hamidou Diabaté, Mamadou Gakou, Baber Gano, Harouna Keïta ont été chargés de réunir les preuves qui attestent qu’il y a eu corruptions. Ce sont ces preuves qui seraient mises à la disposition des neuf sages de la Cour Constitutionnelle. Parmi ces preuves, on évoque l’arrêt de ladite Cour sur la débacle électorale du 13 avril 1997.

Les avocats du FDR évoqueraient également dans leurs dossiers les élections législatives de 2002 où la Cour Constitutionnelle a annulé plusieurs voix obtenues par l’ADEMA. Dioncounda Traoré a rappelé tout récemment que sur les 52 députés élus par le peuple ADEMA, la Cour a annulé l’élection de 14 d’entre eux. Les élections de 1997 et de 2002 ressemblent-elles à celles de cette année?

36,17% DE TAUX DE PARTICIPATION

Après exploitation des documents, il ressort que le taux de participation s’élève à 36,17%. Le nombre d’électeurs inscrits étaient de 6.884.524. Il ya eu 2.490.396 votants, tandis que le nombre de bulletins nuls est de 201.403. Le nombre de suffrage valablement exprimé s’élève à 2.288.993.

La répartition des suffrages entre les candidats est la suivante:

1er Amadou Toumani Touré : 1.622.579 voix, soit 70,88%

2ème Ibrahim Boubacar Keïta : 46.781 voix, soit 19,08%

3ème Tiébilé Dramé: 67.584 voix, soit 2,95%

4ème Oumar Mariko : 62.709 voix, soit 2,73%

5ème Mamadou Bakary Sangaré : 35.961 voix, soit 1,57%

6ème Soumeylou Boubèye Maïga: 33.366 voix, soit 1,45%

7ème Mme Sidibé Aminata Diallo : 12.326 voix, soit 0,53%

8ème Madiassa Maguiraga : 6.857 voix, soit 0,29%.

Après la proclamation provisoire des résultats complets, le dernier mot revient à la Cour Constitutionnelle qui statuera sur les différentes requêtes en annulation.

COMPOSITION DE LA COUR CONSTITUTIONNELLE

La Cour Constitutionnelle se compose de neuf membres dont trois sont nommés par le président de la République, trois par le président de l’Assemblée Nationale et les trois autres par le Conseil Supérieur de la Magistrature.

Il faut rappeler que le contentieux de l’élection du président de la République est du ressort de la Cour Constitutionnelle conformément à la loi organique déterminant les règles d’organisation et de fonctionnement de la Cour Constitutionnelle ainsi que la procédure suivie devant elle au titre V de l’article 167 de la loi électorale.

Somme toute, la requête du FDR en annulation des résultats du scrutin du 29 avril 2007 a peu de chance d’aboutir car, tous les observateurs nationaux et internationaux sont unanimes que le scrutin est sincère et crédible. En outre, l’écart de voix entre le vainqueur, c’est à dire Amadou Toumani Touré et les vaincus du FDR est tellement grand que le doute n’est pas permis sur la victoire du président sortant.

Daba Balla KEITA

08 mai 2007.