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Le contentieux né de l’élection des doyens et vice-doyens à la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques (FSJP) et à la Faculté des Sciences Economiques et de Gestion (FSEG) se poursuit au niveau de la justice. Après l’annulation de la décision du Recteur convoquant le collège électoral par le tribunal administratif de Bamako, on s’attendait à la reprise des élections.

Mais le contentieux du Gouvernement a saisi la Cour Suprême. Après moult reports, le rendez-vous est pris pour le jeudi prochain. S’agirait-il du dernier rendez-vous du juge suprême? La réponse laisse certains dubitatifs. Pourquoi ?

Cinquième ou dernier rendez-vous ?

Après le rejet par la Cour Suprême de son recours relatif à l’exécution de la décision du tribunal administratif, le contentieux du Gouvernement a fait un autre appel, cette fois-ci, au fond de l’affaire. C’est cet appel au fond qui a déjà fait l’objet de quatre renvois pour des raisons, soit de convenance de la Cour, soit de composition irrégulière de la Cour et souvent, sans motif.

Cependant, la Cour Suprême a donné rendez-vous aux deux parties pour le 10 Juillet 2008, date de la prochaine audience. Au cours de cette audience, l’affaire sera-t-elle aussi renvoyée ? Sinon, l’arrêt qui sera rendu connaîtrait-il des changements par rapport à son contenu ?

Ce sont, entre autres, les questions qui taraudent des esprits, puisqu’à quelques jours de la date fatidique du 10 Juillet, ça sent l’odeur de trafic d’influence autour du dossier.

Dans les coulisses, on accuse, à tort ou à raison, deux chargés de mission à la Présidence de la République qui seraient à la manoeuvre. En effet, les deux cadres seraient en train de faire pression sur la Cour pour qu’elle procède au renvoi du dossier à une autre date, c’est-à-dire le énième report. A défaut que la Cour rende un verdict infirmant celui du tribunal administratif.

L’objectif recherché serait d’humilier ceux qui ont gagné devant le juge du tribunal administratif. Il s’agit certainement des militants du Comité SNEC dans les deux facultés qui auraient eu tort de recourir à la justice pour contester l’élection des doyens et des vice-doyens. Pourquoi ce trafic d’influence ?

Selon certaines informations, ceux qui seraient en train d’interférer dans cette procédure judiciaire ne rouleraient que pour eux-mêmes. Ils ne sont nullement en mission pour le Président de la République, car la personne chargée des questions d’éducation n’est pas avec eux et n’est même pas au courant de leur agissement, nous a-t-on dit. Or seul le conseiller chargé de l’Education doit rendre compte au Chef de l’Etat, dans le cas d’espèce. D’où les interrogations ci-après :

S’agit-il alors de personnes qui se servent de leur fonction de travailleurs à Koulouba -certains chargés de mission ne voient même pas le Président pour qu’on dise qu’ils lui rendent compte directement dans tel ou tel dossier- pour s’adonner à ce trafic d’influence?

Le deal

Tout porte à croire que ces personnes, dont le comportement ne sert qu’à jeter le discrédit sur l’entourage du Chef de l’Etat qui a besoin de l’appui de tout le monde, où qu’il se trouve pour traduire en acte concret le PDES, ne seraient motivées que par leurs desseins personnels. D’aucuns disent qu’il pourrait s’agir d’un éventuel deal entre ces personnes et le doyen de la FSJP, avec la complicité de certains professeurs syndicalistes de ladite faculté.

En effet, les deux chargés de mission auraient recommandé deux étudiantes au doyen pour qu’elles passent à l’examen: l’une devrait passer de la première en deuxième années, alors que l’autre devrait finir, puisqu’elle fait la 4 ème année. Aucune d’elles n’aurait obtenu la moyenne d’admission, encore, moins celle requise pour qu’elles soient repêchées.

En contrepartie, les deux agents travaillant à Koulouba devraient intervenir pour que la procédure judiciaire, pendante au niveau la Cour Suprême, ait une issue heureuse pour le doyen. Puisque si le jugement était confirmé, Harouna Dembélé fera ses valises, en ces temps où sa faculté se trouve être au bord d’une année blanche.

Pour ce faire, l’astuce trouvée aurait été de demander aux étudiantes d’introduire des requêtes en réclamation de notes auprès du doyen. Chose qu’elles auraient faite. Au résultat, elles se retrouvent parmi les admis. L’une d’entre elles passe avec 9, 07 sur 20 de moyenne, alors qu’avant, elle n’avait que 8 et quelques de moyenne.

Parmi les deux étudiantes admises à l’examen, presque sur tapis vert, l’une serait la secrétaire particulière d’un des départements de la Présidence. Qu’est-ce qui lieraient alors ces agents aux deux étudiantes? S’agirait-il de liens de collaboration et de parenté, dans l’un et l’autre cas? Ou alors de co… pinage?

Dans tous les cas, ces mêmes chargés de mission seraient en train, en complicité avec le SNESUP et toujours le doyen de la FSJP, de planifier le renvoi de quatre membres du comité AEEM dirigé par Ousmane Diarra dit “Gousno”, qui seraient accusés par eux comme étant les agresseurs du Professeur Djibonding Dembélé. Ils opteraient pour la fermeture de la faculté pour cette année.

Quoi qu’il en soit, le doyen ne passerait plus par le ministre Amadou Touré et le Rectorat, mais rend compte directement aux deux chargés de mission de la Présidence de la République. Aident-ils ainsi le Président de la République et le gouvernement qui sont en train de se battre pour trouver des solutions aux maux qui minent l’école malienne ?


Affaire à suivre donc


Oumar SIDIBE

08 Juillet 2008