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Mardi, au Centre international de conférences de Bamako, les consultations entre l’Union Européenne (UE) et notre pays ont débuté sur la question des flux migratoires.

Ont pris part aux travaux, plusieurs membres du gouvernement avec à leur tête le ministre des Maliens de l’extérieur et de l’intégration africaine, Oumar Hamadoun Dicko et responsables de la commission de l’Union européenne conduits par Manuel Lopez Blanco, chef de l’unité pour l’Afrique de l’Ouest à la direction générale du développement à Bruxelles.

Aller au-delà des discours et jeter les bases d’une véritable coopération entre l’Europe et le Mali pour une gestion efficace de l’émigration, sont les objectifs visés par cette rencontre.

Les présentes consultations sont une application de l’article 13 de l’accord de Cotonou entre l’Union européenne et le Mali sur les migrations.

Les migrations, a expliqué Mr Lopez Blanco, sont aussi vieilles que l’espèce humaine.
D’après les chercheurs, l’Homo Sapiens, parti de l’Afrique, s’est répandu dans le monde entier et en premier lieu, en Europe. C’est avec les migrations que les connaissances technologiques ont été diffusées faisant ainsi le succès de toutes les grandes nations et civilisations.

Il n’y a pas de développement humain en vase clos, a estimé Manuel Lopez Blanco.

Par rapport aux flux illégaux et incontrôlés assaillant actuellement l’Europe, Mr Lopez Blanco a déploré le fait que ces vagues déferlantes, sont source de souffrances, de nombreuses pertes en vies humaines et d’insolubles problèmes d’emploi, de logement et d’intégration pour les pays de destination

En 2006, parmi les 26000 migrants illégaux arrivés sur les côtes espagnoles, 2.800 pourraient être d’origine malienne. Alors, comprendre les raisons profondes de cette migration qui, au Mali, ne sont pas seulement économiques, ainsi que la manière dont fonctionnent les réseaux criminels pour mieux les combattre, s’avèrent nécessaires, selon Manuel Lopez Blanco.

Et Mr Lopez Blanco de proposer comme solutions, dans les pays d’origine des migrants, la croissance, l’investissement productif, le développement du secteur privé, engendrant ainsi la création d’emplois et, par conséquent, un amenuisement des flux migratoires.

Le chef de l’unité pour l’Afrique de l’Ouest à la direction générale du développement à Bruxelles, a reconnu que l’apport récent de l’immigration africaine en Europe, est plus que palpable dans les domaines de la science, de la culture, du sport et de l’économie. De même, Mr Lopez Blanco a souligné l’apport économique, social et culturel des Maliens de l’extérieur à leur pays d’origine et à leurs pays d’accueil.

La migration, n’est ni l’apanage d’un pays ni d’une civilisation particulière, elle est inhérente au genre humain. Toutes les nations l’ont connue et continuent de la subir à des degrés divers selon les époques et les circonstances. L’on estime à 4 millions les Maliens vivant et travaillant à l’étranger. Il y a environ 3,5 millions de maliens en Afrique, et 500.000 à travers le monde. En Europe, ils sont autour de 200 000 dont plus de la moitié en France, a révélé le ministre Dicko.

Oumar Hamadoun Dicko, a insisté sur l’urgence de la maîtrise des flux migratoires qui, doivent faire l’objet d’une gestion concertée et partagée dans l’intérêt bien compris des parties en présence. La prévention et la lutte contre la migration irrégulière et ses réseaux mafieux doivent aller de pair avec la promotion de possibilité de migrations régulières, a estimé le ministre.

Le Mali, a expliqué le ministre Dicko, dans le respect des règles définies souverainement par les États pour l’entrée et le séjour des étrangers sur leur sol, propose que les titres de séjour et de régularisation soient modulés et adaptés en fonction de la durée du séjour sur le territoire d’accueil, la situation matrimoniale du demandeur, la situation des enfants et leur scolarisation, la situation de l’emploi du requérant, sa santé, son casier judiciaire, son degré d’intégration dans le pays d’accueil, etc.

Ce n’est qu’avec l’intelligente combinaison des aspects sécuritaires et humanitaires de la question que le problème sera solutionné, a indiqué le ministre Dicko.

28 septembre 2006.