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Les mesures annoncées par le président de la transition Dioncounda Traoré, au cours de son message à la Nation, le vendredi 27 juillet, ont été reçues comme de bonnes propositions de solutions de sortie de crise, non seulement par les acteurs maliens, mais aussi au-delà des frontières de notre pays. En effet, la communauté internationale lui a manifesté son soutien, à travers une délégation conjointe dépêchée à Bamako, du 27 au 30 juillet 2012.

La délégation qui a multiplié des rencontres à Bamako comprenait des représentants de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), du Médiateur de la CEDEAO, l’Union africaine (UA), l’Union européenne (UE), l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et les Nations unies (NU). Cette délégation intervient dans le contexte du Groupe international de soutien et de suivi mis en place par le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’UA, en mars 2012, dans le cadre de l’accompagnement de la Transition en cours au Mali. Dans un communiqué rendu public à la fin de leur visite au Mali, le Groupe international de soutien et de suivi s’est « félicité du message à la nation malienne du Président de la République par intérim et des mesures qu’il a annoncées ».

La mission avait pour objectifs d’évaluer la situation à la lumière des efforts des acteurs maliens visant à promouvoir une transition inclusive, respectueuse des droits de l’homme et des principes démocratiques; à régler la crise que connaît le Nord du pays sur la base du respect scrupuleux de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale du Mali; et à contribuer à la promotion de la sécurité et de la stabilité régionales.

Les membres de la délégation ont rencontré le Président de la République, Dioncounda Traoré, le 29 juillet 2012. Ils ont également rencontré des membres du bureau de l’Assemblée nationale, ainsi que les Ambassadeurs et les représentants des membres du
Groupe international de soutien et de suivi accrédités au Mali. Avec leurs différents interlocuteurs, les membres de la délégation ont procédé à une évaluation de la situation et à l’examen des modalités d’un accompagnement international plus soutenu, sur la base des principes énoncés à Abidjan, le 7 juin 2012, et confirmés par le Conseil de sécurité dans sa résolution 2056 (2012).

L’intérêt supérieur du pays au dessus de tout

« Les membres de la délégation se réjouissent du retour au Mali du Président de la République par intérim, en tant que clé de voûte de la légalité constitutionnelle, après l’agression inacceptable dont il a été victime le 21 mai 2012 », selon le communiqué. Ils notent que ce retour constitue une étape importante dans le processus de normalisation institutionnelle

. « Les membres de la délégation se réjouissent également du message à la nation prononcé par le Président Dioncounda Traoré, le 29 juillet 2012. Ils réaffirment le plein appui de leurs organisations respectives à son action. Ils accueillent avec satisfaction son intention d’entreprendre très rapidement des consultations élargies en vue de la formation d’un Gouvernement d’union nationale comprenant toutes les forces politiques et sociales du pays », poursuit le communiqué.

Les membres de la délégation sont convaincus que ce Gouvernement, une fois mis en place, « permettra au Mali de relever le défi de la restauration de l’autorité de l’État sur la partie nord du pays et celui de l’organisation d’élections libres, transparentes et crédibles dans le délai de 12 mois fixé pour la conclusion de la transition ». Ils ont noté avec satisfaction la volonté du Président Dioncounda Traoré de promouvoir le dialogue avec les groupes rebelles maliens, en vue d’une sortie de crise sur la base du respect scrupuleux de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale du Mali, ainsi que du rejet total du terrorisme, du crime organisé et du recours à la rébellion armée.

Ils relèvent également sa détermination à mobiliser tous les moyens requis pour combattre, avec l’appui de la communauté internationale, les réseaux terroristes et criminels qui sévissent au Nord du Mali. Les membres de la délégation soulignent l’importance que revêtent le respect des droits de l’homme et la nécessité pour tous de se conformer aux normes qui régissent l’État de droit, ainsi que l’impératif de la réconciliation entre tous les Maliens.

Ils réitèrent la préoccupation de la communauté internationale face aux violations des droits de l’homme et à la situation humanitaire qui prévaut au Nord du pays, soulignant, à cet égard, la nécessité de garantir un accès humanitaire aux populations civiles qui sont dans le besoin.

Solidarité de la communauté internationale

« Au regard de l’urgence et de la gravité des problèmes auxquels le Mali est confronté, qui appellent une unité sans faille entre tous les Maliens, les membres de la délégation lancent un appel pressant à tous les acteurs maliens pour qu’ils mettent l’intérêt supérieur du pays au dessus de toute autre considération », indique le communiqué. Ces représentants de la Communauté internationale ont exhorté les acteurs maliens à « apporter leur entière coopération et un soutien total au Président de la République par intérim. Dans le même temps, ils rappellent la détermination de leurs organisations respectives à imposer des sanctions à l’encontre de tout individu ou entité qui entrave l’action du Président de la République par intérim et la marche de la transition », a précisé le communiqué.

Les membres de la délégation ont réitéré l’engagement de leurs organisations respectives à continuer de travailler ensemble, notamment dans le cadre du Groupe de soutien et de suivi, pour accompagner, de façon coordonnée, le processus en cours au Mali. Ils assurent le peuple malien « de la solidarité de la communauté internationale » dans l’épreuve qu’il traverse et engagent « toutes les forces vives du Mali à assumer pleinement leurs responsabilités historiques pour une sortie de crise rapide et effective ».

B. Daou

01 Août 2012