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Le dimanche 29 mars, sous une forte escorte policière, les bulldozers ont commencé à démolir les habitations de Missabougou qui seront touchées par la construction du 3ème pont de Bamako.

Les populations, impuissamment ont assisté à cette scène sans recevoir un seul rond. Elles ne pouvaient que s’en remettre à Dieu.

En effet, le 3ème pont de Bamako, sera officiellement inauguré à l’occasion du cinquantième anniversaire de l’indépendance du Mali. Et le premier coup de pioche a été donné par les présidents Chinois et Malien le 13 février dernier. Ce pont qui sera baptisé “Pont de l’Amitié Sino-Malienne” nécessite du côté de Missabougou le déguerpissement de 81 concessions.

Les habitants ont-ils été mis dans leurs droits ?

Le dimanche dernier, après le début des travaux de déguerpissement, nous nous sommes rendus sur les lieux pour le constater, le sentiment de tristesse qui prévalait chez les habitants qui assistaient impuissament à la démolition de leurs maisons.

Les centaines de personnes qui résidaient dans les 81 concessions faute de moyen habitent actuellement dans les abris de fortune et dans les maisons en chantier dans la partie qui n’est pas concernée.

S’agissant des indemnités, ils disent n’avoir reçu aucune somme de la part des autorités compétentes, mais certains reconnaissent avoir eu des parcelles plus petites. En revanche, d’autres ont soutenu n’avoir eu aucune parcelle.

Certains pensent que la compensation financière n’interviendra qu’après la réalisation des travaux. Cette situation est-elle légale ? Seules les autorités peuvent répondre à la question.

Le désarroi des habitants

Selon Mamoutou Dao, un chef de famille d’une dizaine de personnes frappées par le déguerpissement : “Nous ne sommes pas contre la construction du 3ème pont de Bamako, mais nous demandons que les choses se déroulent de façon légale en nous dédommageant. Mais ma famille a été balcanisée moi je vis à Sabalibougou, ma femme à Missabougou et mes frères sont éparpillés dans les alentours. La construction du pont est un bonheur, mais nous nous sommes les victimes à cause du manque de dédommagement”.

Les propos de Mamoutou Dao ont été renchéris par Adama Sangaré un fils du chef de village qui a dit ceci : “Le pont participe au développement du pays, mais mettre des habitants dans la rue sans contrepartie financière est un véritable paradoxe. Nous lançons un appel aux autorités afin qu’une solution soit diligentée”.

Zoumana Diarra, un vieux dépassant la soixantaine, désespéré, a dit qu’il se remet à Dieu. Par ailleurs, les populations concernées ont contacté les plus hautes autorités, les responsables religieux, la société civile mais en vain.

Mamoutou DIALLO

31 Mars 2009