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Mais, c’est hier qu’ATT a présidé un conseil des ministres extraordinaire. Depuis deux mois, la classe politique malienne et quelques composantes de la société civile, devant sièger à la CENI s’activent. Déjà, plusieurs noms circulent. Qui sont-ils?

Procédures de nomination des membres de la ceni, que dit la loi?

Chargée de la supervision et du suivi des élections présidentielles, législatives et communales ainsi que des opérations référendaires, la CENI doit être composée de quinze membres au niveau national.

Ces quinze membres se répartissent comme suit :

– dix membres désignés par les partis politiques suivant une répartition équitable entre la majorité et l’opposition;

– un membre désigné par les confessions religieuses

– un membre désigné par le Syndicat Autonome de la Magistrature

– un membre désigné par le Conseil de l’Ordre des Avocats

– un membre désigné par les Associations de Défense des Droits de l’Homme;

– un membre désigné par la Coordination des Associations et ONG Féminines (CAFO).

Qui sont les représentants de la sociéte civile?

Dès le 11 septembre 2006, la société civile malienne avait désigné deux de ces cinq représentants à la CENI. Me Brahima Koné représentera l’Association Malienne des Droits de l’Homme (AMDH); tandis que Fodié Touré, procureur du tribunal de la Commune II représentera le Syndicat Autonome de la Magistrature (SAM). Il faut ajouter que Me Brahima Koné est le président de l’AMDH et Fodié Touré, celui du SAM.

On ne change pas un cheval qui gagne. Ainsi, serait tenté de résumer la réaction de la CAFO face à la composition de la CENI de 2007. C’est pourquoi elle a reconduit Mme Bagayoko Aminata Traoré pour la représenter.

Pour rappel, c’est elle qui était la présidente de la CENI de 2004 ; les résultats auxquels elle a abouti ont été salués par tous.

Pour l’instant, nous connaissons pas le nom de la personne qui représentera le barreau et les confessions réligieuses.

Les representants des partis politiques

Depuis le jeudi 14 septembre dernier on connait les noms des deux représentants des partis non regroupés autour de l’Union pour la République et la Démocratie (URD) au sein de la CENI. Il s’agit du député Abdoulaye Koïta au nom de l’URD et le Pr. Alassane Bathily de l’Union des Maliens Pour le Progrès (UMP).

Si d’emblée, au sein des partis non regroupés, un poste est revenu à l’URD, compte tenu de son poids sur la scène politique: deuxième sur 39 partis au sortir des élections communales de mai 2004; l’autre poste restant fut âprement disputé entre le PCR, le SADI et l’UMP. Finalement, c’est au terme d’un vote que l’UMP a enlévé le siège au détriment du PCR.

Selon nos sources, c’est à l’unanimité que les trois partis membres du Mouvement Volontariste pour le Développement (M.V.D) ont décidé que l’unique siège qui leur est reservé soit occupé par le Rassemblement pour le Développement et la Solidarité (RDS). D’ailleurs le Pr. Younouss Hamèye Dicko, président du RDS est en même temps, président du M.V.D qui comprend, en plus du RDS, le PPP et le PRDT.

Espoir 2002 et l’opposition étalent leurs divergences

Espoir 2002, avec comme tête de file le RPM, le CNID et le MPR et les partis politiques de l’opposition regroupés au sein d’un bloc de 7 formations sans le PECSAM ont étalé toutes leurs divergences quand il s’est agi de désigner leurs représentants au sein de la CENI.

Si le RPM en tant que le plus grand parti de Espoir 2002 a droit à un représentant comme l’ADEMA et l’URD l’ont fait, les autres partis de Espoir 2002 n’ont pas pu s’entendre dans l’attribution du second poste. Le CNID, le MPR, le RDR, le PIDS, le MPDD, COPP, tous convoitent l’unique poste restant. C’est pourquoi, le ministère de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales, tutelle des partis politiques, a reçu deux listes au nom de Espoir 2002.

Idem pour les partis politiques de l’opposition fragmentés en deux blocs: D’un côté le PECSAM fait cavalier seul; tandis que les autres, à savoir BARA, PUDP, UNPR, MJT, PSD, MORENA et UNPD constituent l’autre bloc. Au nom de l’opposition, le département de la tutelle des partis politiques a reçu deux listes au lieu d’une.

Puisque le vin est tiré, il faut le boire. Les regards sont désormais tournés vers Koulouba, où le président de la République, sur proposition du ministre de l’Administration Territoriale, prendra aujourd’hui un décret en conseil des ministres portant nomination des membres de la CENI.

Il faut rappeler que c’est le chapitre II parlant des autorités compétentes en son article 10 qui impose au président de la République la nomination des membres de la CENI au plus tard le 1er octobre.

Voilà ce que dit cet article 10 : « Les membres de la commission Electorale Nationale Indépendante sont nommés par Décret pris en conseil des Ministres avant le début des opérations de révision annuelle des listes électorales précédant l’année des élections générales« .

Daba Balla KEITA

CENI 2007

La classe politique fortement divisée

Cela fait un bon moment que les composantes de la classe politique ne parviennent pas à s’entendre par rapport à la désignation de leurs représentants à la nouvelle CENI qui sera chargée de la supervision des opérations de vote lors des élections générales de 2007. Comment peut-on expliquer une telle situation à un moment où le plus grand nombre de partis politiques demeure dans les liens du consensus politique?

En la matière, on est surtout tenté de croire que les composantes de la classe politique, pendant la période du consensus politique ont subi plus d’usure qu’elles ne l’ont connue auparavant.

De l’autre côté, on pense au fait que le plus grand nombre de partis de l’échiquier politique national norrit de grands enjeux pour les élections générales de 2007.

A cela, il ne faut pas oublier d’ajouter le fait que la CENI est une structure où les membres sont bien traités, surtout son président.

Pourquoi tant de bruit?

Mais, au-délà même des avantages financiers, force est de constater que la participation à la CENI confère aux représentants de la classe politique ou de la société civile une certaine considération aux yeux de l’opinion publique nationale. Au regard de tous ces avantages pouvant découler de la qualité de membre de cette structure, on peut aisement comprendre que les uns et les autres se battent pour y faire partie.

Mais le comble, c’est lorsqu’à tous les niveaux le consensus commence à faire défaut. Cela suscite des interrogations, à savoir, si, en raison des problèmes qui découlent de la désignation des membres de la CENI, certains partis politiques vont même pouvoir nouer des alliances électorales, en raison des divergences de vues nées des prises de position parfois très amères.

Tout compte fait, ce problème des composantes de la classe politique n’est que la partie visible de l’iceberg, quand on sait que le plus grand nombre de partis politiques, en raison de la nouvelle donne consensuelle, mais aussi de la recomposition du paysage politique qui a vu l’émergence de nouvelles forces avec lesquelles il faut compter sont, depuis un certain temps, en perte de vitesse.

La ceni ne resoud pas l’essentiel des problemes des partis

La CENI peut-elle être un moyen pour des partis politiques de se racheter par rapport à la situation qui prévaut aujourd’hui, à leurs problèmes et insuffisances?

Rien n’est moins sûr, quand on sait que les plus grands problèmes des partis politiques demeurent l’absence de la cohésion au sein de la classe politique, la faiblesse, voire le déficit idéologique ainsi que l’insuffisance notoire du travail d’implantation sur l’étendue du territoire national.

Ce sont là les problèmes essentiels auxquels les partis politiques sont confrontés. Toutes choses qui n’auront d’issue qu’avec les grands moyens financiers.

Avec la nouvelle donne politique basée sur le consensus, il semble que les robinets de l’Etat sont fermés aux plus grand nombre d’acteurs politiques, contrairement à la situation qui prévalait avant les élections générales de 2002.

En plus de cela, il y a l’institution du Végal qui est très dissuasive, quoi qu’on dise, en particulier pour les agents de l’Etat qui sont habitués à puiser dans les fonds publics comme ils le désirent.

Tous ces facteurs sont de nature à rendre la tâche difficile pour les partis politiques de façon générale.

Moussa SOW

27 septembre 2006.