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« Ce que j’ai à vous dire cet après midi est que personne ne vote pour ATT dans toute la région de Kayes ainsi que dans les milieux de nos ressortissants vivant à Bamako et à l’étranger« . Voici la consigne de vote donnée par le président de l’association des ressortissants de Kayes à Bamako, Dama Soukouna en vue du scrutin présidentiel du 29 avril prochain. C’était au cours d’une assemblée générale convoquée, à cet effet, le lundi 16 avril 2007 au Centre Islamique de Hamdallaye.

Le président avait à ses côtés les représentants de plus de 15 localités de la région de Kayes dont entre autres : Diafounou, Gadiaga, Nioro, Bafoulabé, Yélimané, Kanta, etc. On notait la présence de Boubou Camara, président de l’association des Kakolo du Mali.

Pour M. Dama Soukouna, cet appel fait suite à une correspondance des Maliens vivant en France, lui demandant d’appeler leurs membres à ne pas voter ATT le 29 avril 2007. Cette communauté, composée essentiellement des parents des émigrés maliens, reproche au Président Amadou Toumani Touré de ne rien faire face au drame de l’expulsion de nos compatriotes vivant à l’étranger.

Selon Dama Soukouna, la contribution de la communauté malienne vivant à l’étranger est plus importante dans le développement de notre pays que celle de la communauté internationale.

En effet, le Mali est une terre de migrations et la région de Kayes compte le plus grand nombre de ressortissants vivant à l’extérieur. Leur contribution est la principale source de revenus de la plupart des familles de cette région. Toutes les réalisations faites dans la région de Kayes en matière d’infrastructures, d’adduction d’eau, matériels scolaires et sanitaires l’ont été grâce à l’effort des émigrés Kayésiens, a dit M. Soukouna. « Grâce au revenu de nos émigrés nous avons pu assurer la sécurité alimentaire« , ajoute le président de cette association.

Compte tenu de toutes ces réalisations, nous estimons que la cause de nos aventuriers doit être défendue par tous les responsables de ce pays, poursuit Dama Soukouna. Nous avons appelé aujourd’hui à voter contre le président sortant car nous estimons qu’il ne défend pas assez la cause de nos frères et soeurs vivant à l’étranger. Si on s’en tient aux propos tenus par le chef de l’Etat, nous pouvons dire qu’il ne nous aime pas, il est contre nos intérêts. Selon ce dernier, ATT aurait affirmé au sujet de nos compatriotes à l’étranger qu' »ils sont partis sans m’avertir, je n’ai pas payé leur billet d’avion, je n’ai rien à voir dans leurs problèmes, qu’on les traite comme bon leur semble« .

En principe, ce sont ces propos qui justifient aujourd’hui la colère de tous les ressortissants de Kayes à l’égard du chef de l’Etat. Car de leur avis, il a encouragé la communauté internationale à refouler les Maliens. Tous les jours, ce sont nos ressortissants qui sont enchaînés et expulsés des pays européens, dira M. Dama Soukouna. Sur dix cas des gens expulsés, généralement huit sont de la région de Kayes, constate M. Soukouna. Toutes ces raisons lui font dire que le chef de l’Etat n’est pas avec nous, il est contre notre bonheur.

Nous sommes choqués. Tout le monde sait ce qui s’est passé entre ATT et nos parents vivant en France. Malgré tout, des gens sont allées dans nos villages et contrées pour demander à nos populations de voter pour ATT. Nous disons non, car nous sommes solidaires et nos aventuriers nous appellent de France, des USA, de la Chine pour dire que ATT est contre eux.

« Nous ne sommes pas aujourd’hui contre la politique, d’ailleurs je demande à tout un chacun d’aller retirer sa carte électeur. Mais je demande à toute la population de la région de Kayes, à tous les ressortissants d’aller voter le 29 avril prochain pour le candidat de leur choix, mais pas pour ATT« , a clamé M. Soukouna.

Pour Gaoussou Coulibaly dit Djéry, la même consigne de vote est retenue pour les commerçants ressortissants des 7 villages de Banamba à Bamako. Ces derniers accusent ATT d’avoir provoqué l’inflation dans le pays à cause de sa mauvaise gestion. Les petits commerçants sont aujourd’hui piétinés dans leurs droits, a-t-il martelé.

Abdoulaye Ouattara

18 avril 2007.