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Au-delà des fouilles archéologiques, des manuscrits authentiques très anciens témoignent de l’ancienneté de Djenné, ville classée patrimoine mondial par l’Unesco depuis 1988. Ces manuscrits sont entièrement familiaux. Pas assez exploités dans leur contenu, ils sont dans un état de dégradation avancé. Aussi, beaucoup de manuscrits ont disparu ou amené ailleurs. Il n’est pas rare de retrouver à Tombouctou des manuscrits venant Djenné.
C’est justement pour trouver une solution définitive à ces problèmes que le Programme de soutien à l’initiative culturelle (PSIC) a financé la construction d’une bibliothèque à Djenné.

Une telle bibliothèque répond à deux soucis majeurs selon Boubacar Diaby, coordonnateur du (Psic). « La première est que la ville regorge un potentiel important de manuscrits gardés dans les maisons dans de mauvaises conditions. Cela rend leur conservation difficile. La bibliothèque offrira un cadre de bonne conservation des manuscrits. Le second, c’est que les manuscrits constituent une source inestimable d’informations sur la vie sociale des habitants et surtout sur l’histoire du terroir. La bibliothèque sera un cadre de recherche pour un approfondissement des connaissances sur la ville ».

Dix mille manuscrits

L’initiative de construction de la bibliothèque est venue de l’Association pour la sauvegarde du patrimoine écrit de Djenné présidée par Sékou Djénneka Traoré .
La bibliothèque, en voie de finition, est un véritable joyau qui a coûté 26 890 950 F CFA. Le Psic est intervenu à concurrence de 90 %, soit 18 790 950 F CFA. Les 10 % représentent l’apport personnel du donateur.
Selon Boubacar Diaby les objectifs de cette bibliothèque se résument à appuyer les acteurs de la société civile de la Commune urbaine de Djenné afin d’accroître la connaissance sur la vie et l’histoire des populations qui y vivent . Ainsi la réalisation de cet objectif permettra d’abord de faire connaître le patrimoine écrit historique de Djenné, ensuite permettre l’accès sécurisé au patrimoine écrit historique de Djenné et protéger l’intégrité physique du patrimoine écrit. La ville de Djenné regorge près de 10 000 manuscrits dans les familles selon un recensement soutient Almamy Korobara, imam de la ville de Djenné.

Le projet a été évalué à deux reprises.
Si le bâtiment est presque fini, il reste la formation des agents qui auront en charge le fonctionnement de la structure.

Lévy Dougnon / (Radio Jamana Djenné)

6 juillet 2006