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Depuis le coup d’Etat du 22 mars 2012, le Mali connaît une crise sans précédent sur tous les plans. Secteur névralgique, l’hôtellerie est touché de plein fouet avec comme conséquence la désertion de la clientèle entrainant le tarissement des recettes et donc le chômage technique pour certains établissement et les licenciements pour d’autres. Le coup d’Etat du 22 mars 2012 a mis le Mali dans un chaos total, sans précédent. En plus de la prise des trois régions du nord (Tombouctou, Gao et Kidal) par des bandits armés et autres djihadistes, l’économie de ce qui, il en reste, est au bord de la ruine.

Face à la faible mobilisation des recettes et au tarissement des financements de l’extérieur, les Maliens éprouvent du mal à joindre les deux bouts. Tous les secteurs sont affectés par la crise. Celui de l’hôtellerie semble être le plus touché au regard du manque de clients, de l’incapacité des gérants à faire face aux charges (factures d’électricité et d’eau, salaires du personnel). Conséquence : le chômage technique pour certains et les licenciements pour d’autres.

Dans un communiqué de presse, la Direction du Groupe Azalaï vient ainsi d’annoncer la fermeture de deux de leurs établissements. Il s’agit du Grand Hôtel et de l’hôtel Nord-Sud. Voici le contenu de ce communiqué :  » Suite à la crise qui sévit au Mali depuis le coup d’Etat du 22 mars 2012, les activités des unités du Groupe Azalaï Hôtels ont été fortement impactées. Nos clients ont annulé en masse leurs projets de visite et de réunion dans la capitale malienne. Bien que nos établissements fussent vides, nous avons maintenu l’ensemble de nos hôtels ouverts dans l’espoir d’une reprise rapide de nos activités. Cette reprise se faisant attendre, la Direction du Groupe Azalaï Hôtels a pris, à regret, la décision de fermer temporairement (trois mois) deux de ses hôtels à Bamako.

Néanmoins, nous précisons que Azalaï Hôtel Salam, notre hôtel 5 étoiles, reste ouvert. Les collaborateurs des établissements en fermeture, qui sont au nombre de 74, sont mis en chômage technique (suspension de leur contrat) comme nous y sommes autorisés par la loi. La Direction du Groupe Azalaï Hôtels souhaite vivement une résolution rapide de la très grave crise que traverse le Mali pour une reprise de ses activités dans l’intérêt de ses collaborateurs et de leurs familles dramatiquement touchés « .

A l’hôtel Salam, des employés se plaignent : « La crise n’est pas de notre faute, mais pourquoi nous punit-on ? Ils veulent fermer l’hôtel. Alors qu’allons nous devenir ? Déjà qu’on avait du mal à joindre les deux bouts, je crois qu’ils doivent nous dédommager », nous a confié un employé qui a préféré garder l’anonymat.

A l’hôtel Nord Sud, c’est le même son de cloche. Une employée se lamente : « Comment vais-je vivre pendant ces mois de congé forcé ? Il faut que la direction revoie sa décision car s’il y a un problème, la décision la plus facile n’est jamais la meilleure. Dans ce cas précis des centaines de familles vont souffrir », dixit une employée dudit hôtel.

Dans le même ordre d’idée, une cliente de « Radisson » s’est exprimée en ces termes : « Je suis une habituée de cet hôtel. Avant, c’était toujours plein, maintenant il est presque vide. Je déplore vraiment cette situation. Les autorités doivent tout faire pour trouver une issue favorable à cette crise pour que les investisseurs aient confiance à nouveau au Mali ».

A Bamako, la situation est relativement meilleure que dans les régions. A Ségou, par exemple, c’est le vide dans les hôtels. Le gérant de « Résidence Ségou » Adama Traoré, soutient que « le coup d’Etat du 22 mars 2012 a plongé les hôtels dans un trou noir ». Face à la situation très critique, il estime que « les hôtels doivent être indemnisés par l’Etat, dans la mesure où ils ont été victimes du coup d’Etat ».

K THREA

L’Indépendant du 22 Juin 2012