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Depuis que le vent de la démocratie et du multipartisme a soufflé sur le continent, jamais un président de la République n’a bénéficié du consensus pour être entouré unanimement par la classe politique comme le président ATT est entrain de le faire : en effet, ATT ce candidat indépendant des élections présidentielles de 2002 organisées au Mali, a été mis à la tête de l’Etat par le soutien et la bénédiction de tous les partis politiques.

La candidature de l’homme, pourtant, au début, avait suscité beaucoup de polémique
ATT ne peut pas être candidat aux élections”,disaient certains qui argumentaient que son statut d’officier supérieur l’en empêchait.

Mais le 10 mars 2002, conformément aux textes du pays, il a déclaré sa candidature au cours d’un meeting au stade Babemba Traoré de Sikasso. En fin stratège, l’homme doit s’y connaître car il est issu de l’armée, il a su surprendre tout le monde.

En vérité, sa tâche n’a pas été facile, face à une pression populaire devenue irrésistible. En effet, des clubs et associations de soutien à ATT poussaient un peu partout…

Mais bien avant cela, Alpha avait déclaré, à la surprise et à l’étonnement de tous, qu’il n’avait pas confiance en l’opposition, en faisant allusion aux partis politiques à l’époque, pour leur confier la destinée du pays.

Par ces déclarations, déjà il avait expliqué toute l’incapacité des partis politiques du Mali, même l’ADEMA dont il était un cadre, à assurer la gestion du pays.

Les partis ne sont pas crédibles, leurs dirigeants ne sont pas responsables, c’est cela que le président Alpha avait clairement indiqué.

ATT devait donc être, selon lui, le seul en mesure de prendre en mains la destinée du Mali .C’est ainsi que, le candidat indépendant ATT a été élu président en battant tous les 23 autres prétendants, y compris ceux des partis. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, il a été soutenu par tous.

ATT n’a pas voulu diriger seul, il a fait appel à tout le monde. Sa main tendue a été acceptée, car les partis qui ont immédiatement saisi la perche, participent aujourd’hui tous à la gestion des affaires du pays.

L’échéance électorale de 2007 étant proche, chacun des partis maintenant affûte ses armes. Seul le RPM qui a, depuis le renouvellement du bureau de l’Assemblée Nationale, affiché son intention de présenter son candidat en 2007.

A côté de ce positionnement du parti du Tisserand, il y a des indices qui amènent à se poser des questions sur ce que nous réservent l’URD, le CNID.

A l’ADEMA aussi, aujourd’hui la question du soutien est toujours dans les débats entre les responsables et les militants. Car la frange menée par Soumeylou Boubèye Maïga ne cache pas son ambition en faveur d’un candidat interne.

N’est-ce pas là mettre le consensus en cause ?

Laya DIARRA

17 mars 2006.