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Dr Mark Bristow, PDG de Randgold, interpelle l’Etat du Mali sur la hausse de la fiscalité

Randgold Resources Limited est un groupe qui évolue dans l’exploitation de l’or. Elle est présente dans plusieurs pays d’Afrique. Au Mali, elle détient les 40% du capital de Morila SA et les 80% des actions de Somilo SA à Loulo. Les Conseils d’Administration de ces deux sociétés se sont déroulés respectivement les 22 et 23 octobre. A la faveur de ces assises, le PDG de Randgold Resources Limited, Mark Bristow, a rencontré, pour la circonstance, les journalistes invités et à Morila et à Loulo. Si, à Morila, le Docteur Bristow a critiqué le code minier du Mali qu’il juge non attrayant à cause de la fiscalité très élevée, à Loulo il a mis l’accent sur l’importance des investissements pour elever la mine au rang de classe mondiale.

Il y a un proverbe anglais qui dit qu’on ne doit pas tuer l’oie qui pond des œufs d’or. Autrement dit, on ne doit pas tuer la poule aux œufs d’or. C’est particulièrement vrai pour l’industrie minière, qui a besoin de réfléchir et d’investir sur le long terme pour prospérer. Si vous piller les capitaux ou créer des goulots d’étranglement pour les développements prometteurs avec des impôts trop élevés, vous leur refusez l’occasion de réaliser leurs ambitions, bien plus important, de réaliser ce que Morila a pu faire, qui est de servir de catalyseur ainsi que de facteur multiplicateur pour une amélioration économique générale et durable. C’est en ces termes que le PDG de Randgold Ressource Limited, Mark Bristow, s’est adressé au gouvernement du Mali, mercredi 22 octobre à Morila, lors de la conférence de presse qu’il a aminée en marge des travaux du Conseil d’Administration.

Le PDG de Randgold, avec à ses côtés le Directeur général de Morila SA, Samba Touré et ses invités ont échangé, en premier lieu, sur la contribution de la mine de Morila dans l’économie nationale.

A en croire Samba Touré, du début de la mine (2000) à nos jours, Morila a injecté dans le budget du Mali environ 467, 61 milliards de CFA. Randgold soutient que les 50% des revenus de la mine de Morila vont au Trésor public.

Par rapport au secteur de l’emploi, les chiffres de Morila SA sont éloquents. Aujourd’hui, 1 524 personnes y travaillent sous les régimes de l’emploi permanent ou temporaire. Les permanents nationaux sont au nombre de 461. Les temporaires, y compris les stagiaires comptent 125 et les expatriés (27). Les travailleurs des entreprises sous traitantes sont en majorité des permanents nationaux (831) les temporaires, y compris les stagiaires, 261et les expatriés sont au nombre de 40.

L’apport de la mine dans le développement communautaire a marqué également les débats. Selon la Direction de Morila SA, grâce à la mine, les localités situées à proximité de la carrière ont bénéficié des projets de développement.

En collaboration avec les responsables des collectivités territoriales, Morila SA a financé de nombreux projets. Il faut noter l’installation d’une station de radio communautaire, la construction et l’équipement de trois salles de classe à Nérila, village de Sanso, la réhabilitation de trois classes à Sanso, le financement de la clôture d’une école à Sinsin, de l’école B à Sanso et de la station de radio communautaire.

S’y ajoutent le reboisement de onze hectares dans les villages environnants de Sanso, la construction du pont de Sokela.

Morila SA estime que les projets agricoles mis en place dans le cadre du partenariat avec les communautés locales ont bien réussi cette année. « Après la récolte et les investissements dans les semences et les équipements, une distribution de bénéfices pourrait intervenir entre les participants » a déclaré Samba Touré.

Il convient de souligner qu’en dépit des efforts consentis, des dépenses d’investissement sociales additionnelles ont été effectuées par Morila dans les domaines de la santé, de l’éducation, l’agriculture, du développement communautaire, de l’art et de la culture pour un montant de 109, 2 millions de F CFA.

Le sujet relatif à la gestion de l’environnement a été évoqué plusieurs fois au cours des débats. La direction de Morila SA estime, qu’elle est, à ce niveau, conforme aux normes de la législation malienne et des standards Internationaux applicables (Société Financière internationale) en la matière. Pour preuve, Morila est certifié ISO 14001.
La dernière ligne droite de la conférence de Morila a été consacrée à la gestion des carrières après la fermeture de la mine. Les autorités de la mine ont soutenu que des études sont en cours pour faire des carrières des lacs de retenue d’eau pour la promotion de l’agriculture.

« Nous allons faire tout pour amener les villages situés à proximité de la mine afin qu’ils substituent l’agriculture de subsistance à celle commerciale » a déclaré le Directeur général de Morila, Samba Touré.


En moins de trois ans d’exploitation, Somilo SA a produit 22 tonnes d’or
Le Conseil d’administration de Somilo SA à Loulo s’est déroulé, jeudi 23 octobre. En marge de cette rencontre, la société a organisé à l’intension des journalistes invités pour la circonstance, une conférence de presse. Il ressort des échanges que la mine de Loulo, entrée dans la production, en 2005 avec deux mines, Yaléa et Gara à ciel ouvert, ont produit au total jusqu’au 30 juin 2008, 22 tonnes d’or.

La mine de Loulo se compose actuellement de deux carrières ouvertes, Yalea et Gara, plusieurs petites carrières satellites et de la nouvelle mine souterraine de Yalea. La deuxième mine souterraine commencera à Gara. Les ressources totales à Loulo s’élèvent actuellement à 11, 94 millions d’onces d’or dont 9, 51 millions sont dans les catégories mesurées et indiquées. Les réserves à ciel ouvert, basées sur un prix de l’or à US$ 550 l’once et les dépôts de minerai, s’élèvent présentent à 1, 07 million d’onces tandis que les ressources souterraines s’élèvent à 6, 33 millions d’onces.

L’usine est conçue pour traiter une moyenne de 2,5 millions de tonnes de minerai par an et la mine devrait produire, en moyenne, 250 000 onces par an au cours de la phase d’exploitation à ciel ouvert, avec une augmentation significative en 2009. En fin juin 2008, 66,2 millions de tonnes de matériaux ont été exploités, produisant 8 millions de tonnes de minerai. Ces informations ont filtré de la conférence de presse que le PDG de Randgold Resources Limited, Mark Bristow, avec à ses côtés le Directeur général de Somilo SA, Amadou Konta, a animée, vendredi 24 octobre, à Loulo.

Dans sa déclaration liminaire, Mark Bristow, d’affirmer: « l’expansion continue de Loulo l’a transformée en opération de longue vie très substantielle et elle oppose la tendance d’industrie en prévoyant une augmentation significative de production, non seulement pour de plus grands volumes mais également en raison des teneurs plus élevés ». Il poursuit: « Loulo est un produit de notre stratégie établie depuis longtemps dans l’exploitation et de notre engagement à réinvestir nos revenus pour la croissance. La croissance par découverte et développement est la meilleure manière de créer la valeur mais ceci va plus loin que l’expertise d’exploration. Elle exige également la patience, la ténacité et – pas mineurs- les dépositaires de support qui comprennent que la pensée et l’investissement à long terme à l’avenir sont essentiels pour des affaires d’extraction substantielles profitables. Si nous regardons seulement les avantages à court terme ou immédiats, nous risquerons de perdre les avantages de l’exploitation d’or et en particulier les investissements apportés au Mali. Le gouvernement devrait donc travailler avec l’industrie pour attirer l’investissement additionnel et accroître l’industrie plutôt que surcharger les quelques projets qui ont été réussis ».

Randgold Resources est attachée à l’intégration des questions d’environnement et de gestion de l’impact social dans ses activités. La société s’efforce d’aider les communautés les plus touchées par ses activités à se développer de façon durable et de donner à tous ses travailleurs une bonne qualité de vie au travail, y compris un lieu de travail sûr. A rappeler que les dons de la société à la communauté locale de Loulo au cours des trois premières années de son fonctionnement s’élèvent à plus de Us $500 000. La mine a réalisé pour les communautés de Loulo, Baboto et Djdian-Kéniéba des écoles primaires. Un secondcycle a été construit pour les communautés et les travailleurs. Treize forages équipés de pompes manuelles ont été également réalisés pour la fourniture en eau potable.

Dans le domaine de la santé, un dispensaire a été construit au village de Loulo. Géré par la mine, il participe aux campagnes de vaccination et s’investit dans le counselling et le dépistage volontaire de l’infection au VIH ainsi que dans la planification familiale. Le centre constitue aujourd’hui, un relais aux activités gouvernementales en matière de promotion de santé dans la zone.

S’agissant de l’emploi, l’effectif de la mine de Loulo a augmenté passant de 1881 à 2033 à fin juin 2008 en raison de l’ampleur des travaux du projet d’exploitation souterraine. Il convient de souligner que la mine a initié des séances de formation et de sensibilisation des populations sur l’hygiène, l’agriculture et le maraîchage. Le programme agricole de cette année s’avère satisfaisante. En perspective, la mine entend installer d’ici à fin 2008 des plates-formes multifonctionnelles.

Dans le cadre de la gestion de l’environnement, Randgold Resources mène ses activités dans le cadre des directives énoncées dans sa politique de responsabilité sociale et conformément aux normes de la Banque Mondiale. La mine collabore avec les services techniques nationaux dans le suivi des impacts environnementaux et sociaux de l’exploitation minière.

Abdoul Karim KONE

Envoyé spécial

28 Octobre 2008