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Les 12 et 13 février dernier, le conseil supérieur de l’éducation a tenu sa première session dans les locaux du rectorat de l’université de Bamako. La tenue de cette session a sonné le glas de la menace de boycott du conseil supérieur de l’éducation par les syndicats d’enseignants du pays. Les responsables de la COSES, du FEN, du SNESUP, de la FENAREC et du SNEP ont décliné l’invitation des autorités. Les enseignants dénoncent une dérive autoritaire des ministres en charge de l’éducation. Ils reprochent aux ministres de ne pas les avoir consultés avant la signature du décret. Instance décisive de la loi d’orientation sur l’éducation, le décret fixe le nombre des membres du conseil supérieur de l’éducation à vingt quatre membres qui siègent pour quatre ans renouvelables.

Ce texte, dont la teneure a omis les missions assignées à cet organe, anime l’inquiétude des enseignants face à la gestion rigoureuse des problèmes de l’école malienne. Les syndicats d’enseignants et de chercheurs ont fait savoir leur observation sur ce décret et qu’ils exigent la relecture du texte. Les enseignants et les chercheurs de l’éducation soulignent que la répartition des membres du conseil supérieur de l’éducation n’est ni équitable, ni représentative par le fait que 12 sur les 24 membres dont le président et le vice-président sont désignés par les ministres en charge de l’éducation.

Les enseignants et les chercheurs (tous niveaux confondus) qui n’ont que deux représentants au sein de l’organe estiment que cette répartition rend automatiquement toute les décisions de l’organe favorable aux autorités. Les syndicalistes ont souligné que les enseignants et les chercheurs sont incontournables dans le fonctionnement du conseil supérieur de l’éducation. A ce titre, estiment-ils, ils méritent une place privilégiée au sein de l’organe. Par ces motifs, les syndicats d’enseignants ont exigé la relecture du décret en réclamant quinze représentants, soit trois représentants par syndicats.

« Notre participation au conseil supérieur de l’éducation est conditionnée à la prise en compte de ces observations » avait fait savoir le collectif des syndicats aux ministres en charge de l’éducation dans une correspondance en date du 21 août 2008. Le collectif comprenait la COSES, le FEN, le SNESUP, la FENAREC et le SNEP. Les ministres sont restés sourds à la demande des enseignants.

Même si cette absence des syndicats d’enseignants n’entache pas la régularité de la composition et du fonctionnement du conseil supérieur de l’éducation, elle constitue un signe évident de convulsion entre les ministres et les enseignants où chacune des parties se campe sur leur position au détriment de l’école malienne.

Seydou Coulibaly

17 fév 09