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Coprésidée par les ministres de l’Economie, de l’Industrie et du Commerce, M. Ahmadou Abdoulaye Diallo, et de la Fonction Publique, M. Abdoul Wahab Berthé, la cérémonie d’installation a enregistré la présence du Secrétaire Général de l’UNTM, du président de la CCIM, des opérateurs économiques, des associations pour la défense des consommateurs…

En effet, depuis bientôt deux ans, le marché se caractérise par une hausse généralisée des prix des denrées alimentaires et des produits énergétiques, due à un déséqulibre entre l’offre et la demande. Cette situation affecte malheureusement l’essentiel des produits de consommation de nos populations; en particulier le riz, la farine, le maïs, le lait, l’huile…

A l’origine de cete flambée des prix, on note plusieurs facteurs au nombre desquels les mauvaises conditions climatiques ayant entraîné de mauvaises récoltes dans plusieurs zones géographiques; l’augmentation des prix des hydrocarbures, dont les effets ont renchéri davantage les frais d’approche (transit et transport), notamment pour les pays sans littoral comme le Mali.

Il faut aussi noter la production de biocarburants à partir des céréales (notamment le maïs), et des graines oléagineuses, provoquant un déficit de ces produits, pour la consommation humaine et animale; la croissance rapide de la population; l’augmentation du PIB mondial; le doublement de la consommation alimentaire dans certains pays émergents, notamment la Chine, l’Inde et le Brésil.

La politique du gouvernement pour endiguer le fléau

Conscient des effets de ce phénomène sur notre économie, le gouvernement a signé, le 18 Juillet 2007, avec le Conseil National du Partonat du Mali (CNPM) et l’Union Nationale des Travailleurs du Mali(UNTM), un protocole d’accord dans le souci d’assurer l’approvisionnement du pays et de maintenir les prix des produits à un niveau raisonnable.

Mettant en avant le dialogue social, l’adhésion ou l’implication de tous les acteurs économiques et sociaux à la prise de décisions concernant la vie de la Nation, ce protocole est aussi la traduction d’une idée force du Projet de Développement Economique et Social (PDES) du Président de la République, Amadou Toumani Touré.

Le Conseil National des Prix qui vient d’être installé fait partie des nombreuses mesures initiées par le gouvernement. Ainsi, il vise à complèter et renforcer les mesures déjà prises par le gouvernement,-dont les plus récentes sont l’Initiative Riz (pour accroître la production locale en 2008-2009); le cahier de charges instituant un prix-plafond pour le riz importé, ayant bénéficié des mesures d’exonération; le décret d’application de l’Ordonnance n°07-25 sur la concurrence et l’affichage des prix; les subventions au prix à la pompe des hydrocarbures.

En effet, les 21 membres du Conseil National des Prix -dont 7 de l’administration et 14 du secteur privé- auront la responsabilité de concilier toutes les couches de notre population et de conseiller le gouvernement dans ses choix en matière de prix, de pouvoir d’achat et de coût de la vie.

Dans son intervention, le ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Commerce a, au nom du gouvernemnet et à son nom propre, rassuré de leur disponibilité à poursuivre ce dialogue constructif sur toutes les questions présentant un intérêt pour notre pays pour lequel aucun sacrifice n’est de trop.

Deux grands importateurs rassurent

Les Présidents Directeurs Généraux de GGB et du GDCM, Bakorè Sylla et Modibo Keïta (deux grands opérateurs économiques qui faisaient partie de ceux qui ont signé le contrat avec le gouvernement, dans le cadre des exonérations pour l’importation du riz), ont pour leur part, donné l’assurance qu’ils feront tout pour aider le gouvernement dans sa politique de maintenir les prix des denrées, notamment le riz.

Selon eux, la situation ne concerne pas seulement le gouvernement, mais aussi les opérateurs économiques. C’est pourquoi ils demandent à leurs collègues de “se lever et de créer des initiatives“. A ce niveau, il convient de rappeler que le PDG du GGB, Bakorè Sylla, dans son engagement à maintenir le prix du kilo du riz à 310 FCFA, comme instruit par le gouvernement, a fait une grande ouverture aux commerçants détaillants, en leur fournissant 1000 tonnes de riz.

“Avec nos stocks, nous sommes sûrs de pouvoir maintenir le prix du kilo du riz à 310 FCFA. A l’épuisement des stocks, on va s’asseoir encore avec la Commission nationale des prix et le gouvernement, pour fixer les prix en fonction de l’accessibilité”, a indiqué Modibo Keïta.

Moussa TOURE

06 mai 2008