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Le Parti Ecologiste du Mali (P.E. du Mali) fait tacitement une lecture sombre de la démocratie malienne. Ce constat ressort de l’analyse des résolutions du premier congrès du parti tenu du 17 au 18 mars 2007.

Même si le Parti Ecologiste du Mali, présidé par Mme Diallo Fatoumata Bintou Touré, a décidé de soutenir éventuellement Amadou Toumani Touré à la présidentielle de 2007, il n’y a point de doute que les verts du Mali sont restés sur leur faim quant à la politique environnementale du pays.

En attendant que le P.E. du Mali ait voix au chapitre, Mme Diallo Fatoumata Touré a un grand rêve que l’actuel gouvernement est loin de partager. Et lorsqu’elle parle du casse-tête des déchets plastiques, elle fait des propositions qui frôlent le surréalisme au regard du comportement de la foule et des plans d’action de l’Etat.

Pour réduire, voire abandonner les sachets plastiques, les écologistes du Mali préconisent, pour ne citer qu’un exemple, l’utilisation de poubelles mobiles (dans les véhicules de transport en commun). « On peut mettre un seau, même si c’est en plastique dans chaque Sotrama ou chaque bus pour que les passagers y jettent leurs sachets plastiques au lieu de les jeter par terre. A chaque terminus, il y aura une grande poubelle et l’apprenti chauffeur n’aura qu’à vider le seau au terminus« , a expliqué la présidente du parti.

Mais cette idée généreuse risque d’être oubliée dans les archives, et la volonté du parti de créer au Mali une armée verte et des emplois verts pourrait ne jamais voir le jour au rythme où vont les choses en matière environnementale.

Pour les écologistes, au Mali la science et les hommes qui font la promotion des valeurs scientifiques sont méprisés par les autorités. « Nous ne pourrons pas nous développer si les hommes de science, les professeurs d’université continuent de se poser la question de savoir quelles solutions pour mon problème d’ordinateur ou de logement« , assena un cadre du parti.

Le même orateur de poursuivre pour montrer que le problème du Mali est un manque de vision politique : « en Europe au XIX° siècle ce sont des despotes éclairés qui ont accordé de l’importance aux scientifiques […] et l’Asie s’est intéressé à la science. Donc nous devons créer un Conseil National de la Science« .

C’est cette volonté qui a conduit le parti à réclamer dans les résolutions de son premier congrès un amendement de la Constitution pour la création d’une nouvelle institution, à savoir : le Conseil National de la Science.

Pour l’instant, le P.E. du Mali, qui n’a que trois conseillers sur le territoire national, cherche à sortir de l’ornière. Pour autant, il reste à l’écart de l’évolution du paysage politique du pays en restant accroché à l’ACC qu’il considère toujours comme une alliance viable.

Par ailleurs, le Parti Ecologiste du Mali qui est né d’une dissidence du Parti Ecologiste pour l’Intégration (PEI) en 2001 ne voit pas d’un mauvais oeil un éventuel rapprochement avec ce dernier.

« Depuis quelque mois, on voit timidement revenir [les uns vers les autres]. S’ils changent de comportement, soit ils viendront chez nous, soit nous allons chez eux. En tout cas, nos portes leur sont ouvertes« , a commenté la présidente du parti.

Soumaïla T. Diarra

20 mars 2007.