Partager

Après 117 jours de privation de liberté, le Maire central du District de Bamako, M. Adama Sangaré a présidé les travaux de la session extraordinaire du conseil du District de Bamako, qui s’est tenue le 05 septembre 2013 dans la salle de conférence de la Mairie.

Ce conseil avait pour but d’examiner les questions sur l’assainissement, la situation financière et les projets de la ville de Bamako.

A l’entame de son propos, le maire du district a souligné qu’il rend grâce à Dieu de se retrouver avec ses collaborateurs dans des conditions qui ne sont pas faciles à assumer. Il a exprimé sa sincère et profonde gratitude à ses pairs pour avoir soutenu et défendu avec courage et abnégation la fonction municipale. «Durant cette épreuve, les maires ont été pour moi un précieux réconfort à travers leur solidarité ». Selon lui, il a été mis aux arrêts pour avoir signé un acte administratif : « l’innocence a parfois l’apparence du crime ». Il faut savoir qu’il était détenu avec 05 autres maires, une situation incroyable mais vraie. Le maire Adama dira que pendant son séjour à la maison d’arrêt, plusieurs personnalités du monde sont venues le soutenir moralement et lui manifester leur sympathie. Il se dit stupéfié que la signature d’un acte administratif soit un crime. Il a demandé aux élus d’être sur le qui-vive et de rester indéfiniment soudés, coude à coude pour ne plus être piétinés. La mise en examen d’Adama Sangaré a mis en mal l’organisation mondiale des maires qui doivent se rendre au Mali très prochainement. Il a remercié l’ensemble des maires, ses proches collaborateurs, et surtout la presse pour l’avoir soutenu en cette rude et douloureuse épreuve. Il a également sollicité le concours de l’Etat pour la protection des maires dans l’exercice de leur fonction. « Il est souhaitable de raffermir nos rang pour qu’en l’avenir si une telle situation doit arriver qu’on prenne le devant.» a-t-il martelé. Il a informé ses collaborateurs de la disponibilité des partenaires allemands pour la réalisation de deux grands collecteurs dans la ville de Bamako.

En effet, le District de Bamako est confronté à un double phénomène de croissance démographique exceptionnelle et d’un étalement urbain incontrôlé qui s’accompagnent à la fois d’une insuffisance d’infrastructures sous dimensionnées et d’un accès insuffisant aux services sociaux de base pour les populations. Le Maire dans sa note a souligné que la gestion récente du projet de la mobilité urbaine et des infrastructures commerciales ont conduit à une incompréhension qui a rendu difficile le dialogue social avec certains acteurs économiques. Il a souligné que les défis à relever sont énormes. Il a précisé que l’engagement et l’engouement n’ont pas manqué pour relever les défis de l’assainissement de la ville de Bamako, mais plutôt les moyens. Du fait de la nature multisectorielle des questions, la gestion urbaine nécessite une coordination avec les autres politiques environnementales et des moyens matériels conséquents. En plus de la production et de la gestion des déchets, la maitrise de l’étalement de la ville, la qualité de vie, la faiblesse des recettes dont le taux de recouvrement ne dépasse pas les 8%, il faut l’accompagnement de l’Etat pour relever les défis.

Par ailleurs, la problématique de l’insalubrité de la ville qui repose sur la stratégie de gestion des déchets solides du District adoptée depuis juin 2003 souffrant cruellement de l’insuffisance des ressources financières du District de Bamako a obligé la Mairie à revoir à la baisse le programme de balayage et de curage de cette année.

Selon Adama Sangaré « les défis et le challenge qui se posent à notre conseil ne nous autorisent point à l’hésitation encore moins à la frayeur. Notre ambition commune a toujours été de servir cette cité, avec rigueur et probité ».

Gérard DAKOUO

Le Prétoire du 9 Septembre 2013