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La 3ème réunion ordinaire du Conseil des ministres de l’Union Monétaire Ouest-Africaine (UMOA) s’est tenue le 26 Septembre 2008 à l’agence principale de la BCEAO, sous la direction du ministre ivoirien de l’Economie et des Finances, M. Charles Koffi Dibi.

Au cours de sa dernière session tenue le 26 Juin 2008 à Dakar, le Conseil avait examiné des sujets importants. Entre autres, la situation monétaire de l’UMOA au 31 Mars 2008, l’affectation du résultat financier de la BCEAO pour l’exercice 2007 et le programme d’évaluation du secteur financier régional préparé par les services du Fonds Monétaire International (FMI) et ceux de la Banque Mondiale.

Après avoir tiré, de leurs échanges, les meilleures conclusions pour l’avancée de l’Union, le Conseil a été amené à consacrer un temps de réflexion à l’inflation en vue de trouver une réponse communautaire, au delà même de la session extraordinaire du 23 Avril 2008 à Abidjan. Cette inflation est en relation, entre autres, avec l’acuité de la question de la cherté du coût de la vie, le renchérissement des cours mondiaux du pétrole et des produits importés.

C’est ce qui a motivé la tenue d’un séminaire sur ces sujets le 27 Juin 2008 dans les locaux de la BCEAO à Dakar, après la session du Conseil des ministres de l’UMOA, le 26 Juin de la même année. A cette occasion, le Conseil avait pris des résolutions, notamment la mise en oeuvre de réformes appropriées en vue d’accroître l’offre de produits alimentaires et d’énergie, pour mieux contenir l’impact des chocs exogènes sur les économies des pays membres de l’Union.

Dans ce cadre, les institutions de l’Union ont été sollicitées pour apporter leurs contributions aux Etats membres confrontés à des tensions de trésorerie, dues en grande partie aux efforts financiers consentis en faveur des populations, afin d’atténuer l’envolée des prix sur les marchés.

Aussi, le président du Conseil des ministres , M. Charles Koffi Dibi, d’affirmer : “Un soutien accru de la communauté internationale apparaît capital pour aider les Etats membres à réduire la pauvreté et atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). Mais sans attendre l’aide extérieure, donnons-nous nous-mêmes les moyens de résoudre les problèmes à notre portée. Il y va de notre crédibilité à l’égard des populations dont nous recherchons de bien-être“.

Le Conseil a donc examiné un certain nombre de questions. Entre autres, la situation monétaire de l’Union au 30 Juin 2008 ; les directives de politique de la monnaie et du crédit pour l’année 2009 ; les mesures d’accompagnement relatives à une émission de titres d’emprunt par la BOAD ; le projet de convention entre la Côte d’Ivoire et la BCEAO, relative au remboursement des encaisses des agences auxiliaires de Bouaké, Korhogo et Man.

Il paraît donc essentiel de renforcer l’intégration de la zone UMOA et de relever le taux de croissance de ses économies où la conjoncture internationale est empreinte d’incertitudes. Cette conjoncture est défavorable depuis le début de cette année.

En effet, à l’envolée des cours des produits alimentaires et pétroliers s’est greffée une crise financière dont l’ampleur n’est pas encore maîtrisée et dont les conséquences sont imprévisibles. Dans ce contexte non rassurant, le Fonds Monétaire International (FMI) a révisé à la baisse le taux de croissance de l’économie mondiale à 3,9%, contre une réalisation de 5,0% en 2007.

Les économies de l’Union sont affectées par cette crise mondiale aux conséquences multiples, et se trouvent confrontées à une accélération des tensions inflationnistes. Ainsi, en glissement annuel, le taux d’inflation de l’Union a accusé 7,2% en fin Juin 2008, contre 4,8% en fin Mars 2008. En moyenne, le taux d’inflation s’est établi à 5,4% sur le premier semestre 2008.

L’évolution des indicateurs montre que cette tendance continuera de se dégrader sur le reste de l’année 2008. D’où l’appel du président du Consei des ministres de l’UMOA : “Cette question nous interpelle et appelle des réponses vigoureuses de notre part“.

Il est néanmoins heureux de constater que dans cet environnement international incertain, les mesures d’assainissement entreprises par les économies des pays membres de l’UMOA leur ont permis de réaliser un bond en avant, en terme de croissance. Car le taux de croissance de l’Union se situe autour de 3,9% en 2008, contre 3,2% en 2007.

Aussi, le président du Conseil des ministres de l’Union, de conclure : “Face à la crise financière qui agite présentement les économies développées, notamment l’économie américaine, il n’y a pas lieu de céder à la panique. Il faut au contraire en tirer, pour nos économies, tous les enneigements nécessaires et envisager dès maintenant de renforcer la gouvernance et la supervision de notre secteur financier”.


Oumar DIAWARA

06 Octobre 2008