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A la cérémonie d’ouverture, le président du Conseil a évoqué la conjoncture économique internationale de plus en plus défavorable à nos économies. Ainsi pour Charles Koffi Diby, cette session doit permettre d’envisager, dans la solidarité, des solutions concertées aux problèmes cruciaux auxquels notre zone se trouve confrontée.

L’acuité de la question de la cherté de la vie, suite au renchérissement des cours mondiaux du pétrole et des produits alimentaires importés, a amené le Conseil, au delà de sa session extraordinaire du 23 avril tenue à Abidjan, à réfléchir à l’inflation pour tenter de trouver une réponse communautaire, a-t-il expliqué. A cet effet, un séminaire a été organisé à Dakar, après la session ordinaire du 26 juin 2008.

Ce séminaire a recommandé notamment la mise en œuvre de réformes appropriées afin d’accroître notablement l’offre de produits alimentaires et d’énergie dans le souci de contenir l’impact des chocs exogènes sur nos économies. Dans cette optique, les institutions de l’Union ont été sollicitées pour apporter leurs contributions aux États membres, confrontés à des tensions de trésorerie dues en grande partie aux efforts financiers consentis pour atténuer l’envolée des prix sur les marchés.

Charles Koffi Diby a attiré l’attention sur le fait qu’à l’envolée des cours des produits alimentaires et pétroliers est venue se greffer une crise financière dont l’ampleur n’est pas encore maîtrisée et dont les conséquences sont également imprévisibles. Dans ce contexte peu rassurant, le FMI a révisé à la baisse le taux de croissance de l’économie mondiale à 3,9% contre une réalisation de 5 % en 2007.

Les économies de l’Union sont affectées par la crise mondiale et se trouvent confrontées à une accélération des tensions inflationnistes. En glissement annuel, le taux d’inflation de l’Union est ressorti à 7,2% en fin juin 2008 contre 4,8% en fin mars de la même année. En moyenne, le taux d’inflation s’est établi à 5,4% sur le premier semestre 2008, a-t-il précisé. L’évolution des indicateurs montre que cette tendance continuera à se dégrader sur le reste de l’année 2008.

Dans cet environnement, il est tout de même heureux de constater que les mesures d’assainissement macro-économiques amorcées par nos États permettent à la zone d’aller de l’avant en terme de croissance, le taux de croissance de l’Union devant se situer autour de 3,9% contre 3,2% en 2007. C’est donc un élément de satisfaction qui mérite d’être souligné, estime le président du Conseil.

Charles Koffi Diby a exprimé la reconnaissance du Conseil aux responsables des institutions communautaires qui ont agi avec beaucoup de promptitude pour permettre aux États membres de l’Union de disposer de moyens utiles pour engager les actions d’urgence et amorcer les réformes indispensables visant à juguler l’inflation dans notre zone.

Convaincu qu’un soutien accru de la Communauté internationale est capital pour aider les États membres à réduire la pauvreté et atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement, il a préconisé de se donner les moyens de résoudre les problèmes à notre portée sans attendre l’aide extérieure. En conséquence, des actions visant le renforcement de l’intégration de notre zone ainsi que le relèvement du taux de croissance de nos économies sont essentielles.

Concernant la crise financière qui agite les économies développées, notamment l’économie américaine, les autorités de l’Union soutiennent qu’il n’y a pas lieu de céder à la panique mais d’en tirer tous les enseignements afin envisager, dès maintenant, le renforcement de la gouvernance et la supervision de notre secteur financier.

A la dernière session de juin 2008 à Dakar, le Conseil a examiné les sujets suivants : la situation monétaire de l’Union au 31 mars 2008 ; l’affectation du résultat financier de la Banque centrale pour l’exercice 2007 et le Programme d’évaluation du secteur financier régional préparé conjointement par les services du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale.

Bamako s’est penché sur la situation monétaire de l’Union au 30 juin 2008 ; les directives de la politique de la monnaie et du crédit pour l’année 2009 ; les mesures d’accompagnement relatives à une émission de titres d’emprunt par la BOAD ; le projet de convention entre la Côte d’Ivoire et la BCEAO relative au remboursement des encaisses des agences auxiliaires ivoiriennes de Bouaké, Korhogo et Man.

F. MAÏGA

29 septembre 2008