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Il est prêt à tout pour se maintenir, à la tête du CMCI, après 10 années de gestion catastrophique de cette structure qui concerne les 3 Millions de Maliens vivant en Côte d’Ivoire. Il bénéficie pour ce faire du soutien d’Adra-hamane Chérif Haidara, Président du Haut Conseil des Maliens de l’Extérieur.

Après le passage du Minis-tre Macalou, qui avait tenté, en vain, de renouveler le bureau du Conseil des Maliens de Côte d’Ivoire (CMCI), le 20 Février dernier, une délégation du Haut Conseil des Maliens de l’Extérieur (HCME) conduite par son énigmatique Président Abdraha-mane Chérif Haidara, a passé un séjour de six jours à Abidjan (du 17 au 22 Mai).

Au cours d’une grande réunion dans sa chambre d’hôtel avec toutes les tendances, il lança : « Le Ministre Macalou ne doit pas interférer dans la mise en place des conseils de base. Nous ne reconnaîtrons jamais un bureau mis en place par lui. Il a été nommé par le Président de la République et moi j’ai été élu par les maliens de 55 pays», dira-t-il dans une colère noire.

Comme pour endormir ses interlocuteurs, le Président du HCME était même allé loin en décidant de ne plus imposer Tanapo à la tête du CMCI. «Nous avons imposé Tanapo, par le passé, mais cette fois-ci, c’est vous-mêmes qui allez choisir celui que vous voulez. Rien ne se fera plus comme avant en Côte d’Ivoire…», a rassuré Chérif devant toutes les structures associatives réunies. Connaissant l’homme, cet aveu qui sonnait comme un mea culpa, fut accueilli avec beaucoup de prudence, par la quarantaine de responsables de structures présents à cette rencontre du 21 mai 2008. Car l’hôte du jour est un as de la volte face.
De ses audiences avec toutes les couches de la communauté, la délégation en est venue à la conclusion que le problème des élections au CMCI était non seulement dû au nombre pléthorique des 220 associations illégalement enregistrées par l’administration, mais aussi et surtout de la partialité du Président Chérif lui-même. En effet, la chancellerie avait été mise sur le banc des accusés par la majorité des intervenants qui trouvaient que des diplomates ont fait du faux pour aider Tanapo à avoir un nombre impressionnant d’associations fantômes, en échange d’espèces sonnantes et trébuchantes. La liste des 220 associations, critiquée par tous, il fallait trouver une autre alternative pour mettre tout le monde d’accord.

La trahison d’Abdrahamane Chérif
C’est ainsi que la proposition de reconduire les résultats du cadre de concertation organisé en son temps, par l’ex- Ministre des Maliens de l’Extérieur Oumar Dicko, fut faite à la délégation. Cette grande commission qui a travaillé pendant un mois, sous la supervision de deux facilitateurs, avec toutes les tendances, était arrivée à mettre tout le monde d’accord pour la formation du bureau par consensus et la composition des sept commissions statutaires de travail. Mais l’application avait été empêchée, une fois de plus, par Chérif Haidara et Amadou Soulalé, lors d’une de leurs missions à Abidjan, tout simplement parce que Tanapo risquait de perdre son poste.
Cette fois-ci, pour ce déplacement périlleux d’Abidjan, le Président du Haut Conseil – que tout le monde attendait de pied ferme – s’est fait accompagner par un certain Djadié Tékété, membre influent de l’AMDH (Association Ma-lienne pour les Droits de l’Homme). Ce dernier, par son langage franc, était arrivé à aplanir beaucoup de malentendus. Il réussit même à faire accepter l’idée de travailler avec l’ancienne commission, composée d’un délégué de chacune des neuf structures associatives, d’un délégué de chaque candidat, d’un délégué pour l’Administration et d’un délégué du Haut Conseil. La seule alternative étant, selon Tékété, l’organisation des élections. La commission aura comme tâche de faire le toilettage de la liste à problème, recevoir les différentes candidatures et organiser les élections. Le tout devant se dérouler dans les locaux du siège qui est fermé depuis le 28 Février dernier par les Jeunes Patriotes Maliens. Ce dernier point fut refusé par ceux-ci qui n’entendent pas céder le siège qu’après un accord total.

Cette proposition acceptée par tous, l’assistance de-manda la signature, séance tenante, d’une plate forme que la délégation a préféré appeler « Terme de Réfé-rence », pour baliser les travaux. Refus catégorique du Président Chérif qui a tenu à écrire personnellement les termes de référence avant de continuer sa mission vers Paris.
Le lendemain, les structures associatives se sont rendues compte de la supercherie de Chérif qui a choisi de modifier les termes du document avant de poursuivre sa mission vers Paris. Pis, il laissa derrière lui un membre de sa délégation avec un mandat qui, selon lui, devrait piloter la nouvelle commission. En réalité, ce dernier n’était ni moins ni plus qu’une marionnette du Président sortant, puisque nourri, logé et blanchi par ce dernier. Moussa Issa Maiga, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a été vu dans les rues d’Abidjan, en train de distribuer des mandats aux partisans de Tanapo pour leur demander de venir prendre part aux élections qui devraient avoir lieu, selon lui, au siège du CMCI, tout en sachant que ce local est bien fermé.

Des bérets rouges investissent l’Ambassade du Mali
C’était, en effet, une supercherie ourdie par Tanapo qui voulait prendre à contre-pied tous les acteurs de cette affaire, en faisant ouvrir nuitamment le siège et y organiser sa propre réélection sous la supervision du mandataire de Chérif, télécommandé à distance par le manitou lui- même. C’est ainsi que, le Jeudi 29 Mai, aux environs de 17 heures, Tanapo débarque à la Chancellerie en compagnie d’un cargo de gendarmes bérets rouges, avec la ferme intention d’ouvrir le siège. Il en fait depuis toujours une question de vie ou de mort. Les Policiers, qui surveillaient déjà le bâtiment de l’immeuble du Mali, s’opposèrent à l’opération tant que les ordres ne viennent pas des hautes autorités de la chancellerie. Celles-ci étaient à la cérémonie de présentation des lettres de créances du tout nouvel Ambassadeur, Amadou Ousmane Touré, au Pré-sident Laurent Gbagbo au Palais Présidentiel. Devant la détermination des policiers, les gendarmes abdiquent, au terme d’une longue tractation. Le lendemain matin, devant une nouvelle tentative des bérets rouges, l’administration, jusque là timide à prendre une décision, va réagir vivement dans trois courriers adressés, non seulement aux autorités ivoiriennes, mais aussi au mandataire de Chérif, pour lui dire de tout arrêter et de rentrer au pays.

Jusqu’à quand Tanapo et son protecteur Chérif vont-ils comprendre que la Côte d’Ivoire n’est pas leur chasse gardée ? L’invasion de notre chancellerie par des militaires a été très mal appréciée par notre communauté d’Abidjan. La grogne se faisait entendre ici et là, devant l’immobilisme des patrons de l’Am-bassade. C’est pourquoi, dès sa prise de fonction le Vendredi dernier, le nouvel ambassadeur a promis qu’aucune force n’investira plus jamais notre chancellerie. A-t-il vraiment tort de dire ça ? Assurément non ! Car aucun Ambassadeur n’acceptera voir l’immunité de sa Chancellerie violée par des militaires du pays hôte, surtout le jour de la présentation de ses lettres de créances au Président de ce pays. Plus jamais ça chez nous !

De Gildas, Correspondant du Républicain à Abidjan

03 juin 2008