Partager


Après l’échec du Ministre Macalou à Abidjan dans sa tentative de renouveler les instances du Conseil des Maliens de Côte d’Ivoire (CMCI), le 24 Février dernier, des Jeunes Patriotes Maliens dépités par le comportement arrogant du Président sortant, Ousmane Tanapo et de ses proches, ont pris sur eux de fermer le siège du CMCI, le jeudi 28 Février. Ayant très mal pris la chose, Tanapo, qui était à Bamako, débarque à Abidjan et met toutes les stratégies en œuvre pour restaurer son pouvoir. Ce qui a conduit quelques irréductibles de son camp à venir ouvrir le bureau le lundi 7 avril 2008, accompagnés d’un huissier de justice.

En effet, le lundi matin vers 10 heures, une poignée de proches de Tanapo arrivent à la Maison du Mali accompagnés d’un huissier de Justice et d’un menuisier, déterminés à scier le cadenas qui scellait les portes du siège du CMCI à Abidjan.

Les sept agents postés là par le Chargé d’Affaires n’ont rien fait pour les en empêcher, car n’ayant reçu de la part du Patron de la chancellerie aucun signal dans ce sens. En présence de l’homme de loi, les partisans de Tanapo ouvrent le siège, y pénètrent, à la grande satisfaction des partisans du Président sortant. Ce qu’ils ignoraient, c’est que la riposte s’organisait du côté des Jeunes Patriotes Maliens, auteurs de la fermeture du siège.

Ceux-ci alertés par leurs sentinelles postées à l’Ambassade arrivent en masse dans un vacarme infernal pour intimider les quelques éléments de Tanapo qui avaient déjà pris place à l’intérieur du siège. Devant la menace d’un affrontement certain, ceux-ci prennent leurs jambes au cou, laissant la porte grandement ouverte.

A 11 heures, il n’y avait plus un seul partisan du président sortant devant les locaux. Les policiers qui étaient là pour la sécurité du bâtiment, jusque là spectateurs de la scène, entrent en jeu pour empêcher les jeunes de fermer à nouveau le siège. C’est alors que l’énervement gagne du terrain et on assista à des bousculades de tous les côtés.

Néanmoins, les Jeunes Patriotes réussirent, une fois de plus à cadenasser le siège tout en conseillant aux nombreux policiers d’être neutres, puisque, disent-ils, c’est une affaire entre Maliens.C’est justement en ce moment qu’arrive un inconditionnel de Tanapo, à savoir Amadou Dégoga, vice- Président dans le bureau sortant.

Ce dernier proteste vivement contre la fermeture du bureau qu’il venait d’ouvrir en compagnie d’un huissier de justice. Il fonça au milieu des jeunes pour essayer d’aller rouvrir les portes du siège. S’en est suivie une bousculade monstre, seul contre tous. L’homme terrassé par la puissance des jeunes se retrouva rejeté vers le grand portail, le tout sous l’œil vigilant des policiers qui se sont gardés jusque là d’intervenir.

Dégoga, dans un dernier sursaut, essaya une seconde fois de percer la foule, il fut stoppé net. Pour se dégager, il plongea ses mains dans sa poche droite et en sorti un pistolet chargé. A la vue de l’arme, les policiers se sont jetés sur lui pour l’empêcher de tirer. Il fut finalement terrassé et désarmé par les Jeunes et la police. Le pistolet dont huit (8) balles ont été retirés du chargeur, a été confisqué et remis au Chargé d’Affaires qui, à son tour, l’a remis au commissaire du 1er Arrondissement de police d’Abidjan.

Amadou Dégoga qui n’a pas eu le temps d’utiliser son arme a été copieusement battu par les Jeunes Patriotes avant qu’il ait eu le temps de se réfugier dans un bureau au 1er Etage de l’Immeuble du Mali. Il y fut ensuite délogé par des éléments de la police qui l’ont conduit sous bonne escorte au commissariat. Sa voiture, de type 4+4 a littéralement été cassée par les Jeunes en furie. Un renfort fut demandé par la police qui envoya deux cargos en appui aux éléments déployés sur le terrain depuis le matin.

Les Jeunes Patriotes ont ensuite rencontré le Chargé d’Affaires pour le mettre en garde contre une tentative similaire de réouverture du siège. Car selon leur leader Diango Mady, « le Chargé d’Affaires a une grande responsabilité dans les événements de ce matin. S’il avait voulu, le camp Tanapo n’allait pas se hasarder de faire une pareille tentative. Nous restons vigilants, et tant que le Ministre n’installe pas un nouveau bureau du CMCI, les portes resteront fermées».

Comme on le voit, les hostilités sont engagées à Abidjan entre Tanapo et les Jeunes Patriotes Maliens de Côte d’Ivoire. Dans la mouvance, les responsables des neuf structures se sont eux aussi réunis en conseil pour contrer les agissements du Président sortant qui a démontré qu’il est prêt à tout pour garder son poste à Abidjan.

Il est temps que nos autorités politiques s’impliquent davantage pour éviter que le sang ne soit versé dans les prochains jours à l’Ambassade du Mali à Abidjan.

De GILDAS Correspondant à Abidjan

09 avril 2008.