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Le Conseil de sécurité de l’Onu a examiné, le vendredi 17 juin, le rapport du secrétaire général de l’Onu sur le Mali. Le document relève les progrès enregistrés dans la mise en œuvre de l’Accord, mais souligne aussi la situation sécuritaire «de plus en plus dégradante avec de violations graves des droits de l’Homme». Au cours de cette réunion, le Premier ministre Modibo Kéita et le chef de la Minusma ont convenu sur la nécessité de renforcer le mandat de la Minusma.

Devant le Conseil de sécurité, le Premier ministre Modibo Kéita et le chef de la Minusma n’ont pas lésiné sur les mots pour décrire les difficultés auxquelles font face les forces internationales et l’armée malienne. Selon le représentant spécial de l’Onu et chef de la Minusma, en l’espace de 4 mois, la mission a perdu près d’une vingtaine de casques bleus dont 12 pour le seul mois de mai. Une situation jugée «insupportable».
Pour Mahamat Saleh Annadif, face à la détermination «des ennemis de la paix» et l’ampleur des récentes attaques meurtrières, il est nécessaire d’accroître les capacités des forces onusiennes en termes de personnel, d’équipements et de couverture aérienne.
Quant au chef du gouvernement malien, il a demandé une relecture du mandat de la mission onusienne en lui donnant «une posture plus robuste et plus active». Modibo Keita a appelé le Conseil de sécurité à soutenir le redéploiement des forces armées du Mali sur toute l’étendue du territoire une fois que les autorités intérimaires seront mises en place.
La France a annoncé qu’elle va présenter «très rapidement» aux autres membres du Conseil un projet de résolution visant à «renforcer la Minusma, à clarifier et rendre plus vigoureux son mandat». Elle a aussi appelé les signataires de l’accord de paix «à accélérer son application».
Le Premier ministre malien a appelé les mouvements armés au démantèlement de leurs bases et check-points, gage, selon lui, de bonne volonté et d’adhésion effective aux prescriptions de l’accord. Modibo Kéita a également exhorté les mouvements armés à communiquer dans un bref délai la liste de leurs combattants pour les patrouilles mixtes et le processus de désarmement.

«Chaque jour de retard pris dans la mise en œuvre de l’accord, c’est évidemment un jour de plus gagné par les ennemis de la paix. Ceux qui ont juré et qui ont pris le parti de l’échec du processus de paix, nous devons nous en souvenir. J’en appelle aussi à la communauté internationale, au comité de suivi de l’accord, pour qu’ils exercent leur rôle de garant du respect des engagements par les parties en situant les responsabilités. Et ce, conformément à l’article 54 de l’accord, le démantèlement dans le meilleur délai des bases et des check-points de tous les mouvements signataires de l’accord. Ceci est un gage de bonne volonté et d’adhésion effective aux prescriptions de l’accord pour la paix et la réconciliation. Par ailleurs, l’établissement et la communication dans un délai déterminé des listes des combattants, listes toujours attendues, permettront d’opérationnaliser les patrouilles mixtes et d’entamer le processus de désarmement et de cantonnement».

Avec Tamani

Le Débat du 20 Juin 2016