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Le Premier ministre malien, Cheick Modibo Diarra, lors de la réunion tenue à New York sur la crise sahélienne et le cas malien en particulier (en marge de l’Assemblée générale des Nations-Unies) a réitéré la demande de Bamako, officiellement envoyée par le Président Dioncounda Traoré au secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, d’autoriser une intervention militaire internationale dans le nord de notre pays. « Nous sollicitons l’adoption d’une résolution du Conseil de sécurité pour la mise en place d’une force militaire internationale composée de tous ceux qui veulent et peuvent nous aider à reconquérir les territoires occupés dans le nord », a déclaré Cheick Modibo Diarra, en insistant sur la nécessité d’agir vite. Il a sollicité le vote d’une résolution du Conseil de sécurité dans ce sens.

C’est aussi le souhait du président français qui appuie dans ce sens la diplomatie malienne. Selon nos informations de sources proches de la rencontre, le Premier ministre malien a rencontré beaucoup de chefs d’Etat et de délégation pour les convaincre sur le bien fondé de la démarche malienne. Selon ces mêmes sources à New York, la résolution autorisant l’intervention des forces internationales au Mali (le chapitre VII) sera adoptée lors de la prochaine session du conseil de sécurité. Le Président de la République française, François Hollande, s’est prononcé, hier mercredi 26 septembre, pour la convocation au plus vite du Conseil de sécurité de l’ONU afin d’examiner la demande malienne d’autoriser une intervention militaire africaine pour reconquérir le nord Mali occupé par des groupes islamistes.

Selon des informations relayées par la presse internationale à New York, « la France demande au plus vite une nouvelle convocation du Conseil de sécurité de l’ONU » pour examiner la demande malienne « d’une force de stabilisation pour organiser la reconquête du nord Mali », déclarait François Hollande lors d’une réunion consacrée à la crise sahélienne en marge de l’Assemblée générale de l’ONU.

Le foyer au nord Mali est devenu une poudrière qui menace la paix dans le reste de l’Afrique de l’ouest, le Maghreb et le reste du monde. C’est à juste titre que le Président Hollande le voit comme un risque pour « l’ensemble de la communauté internationale ». Il a également salué la décision du secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon de nommer un envoyé spécial pour le Mali. Le nom de cet émissaire n’a pas encore été annoncé.

Mardi 25 septembre déjà, à la tribune de l’Assemblée générale des Nations-Unies, François Hollande avait affirmé que la France « soutiendra toutes les initiatives que prendront les Africains, à partir de la légalité internationale que leur conférera une résolution du Conseil de sécurité». Le dossier malien est d’autant plus sensible pour la France que des liens historiques lient les deux pays. En plus, six otages français enlevés au Niger en 2010 sont retenus dans le Sahel, probablement en territoire malien depuis deux ans.

Le président français comprend certes l’enjeu d’une intervention internationale dans ce contexte, mais pour lui aucun facteur ne doit conduire à renoncer à assurer l’intégrité du Mali. Dans la même lancée, le président sénégalais Macky Sall signale : « la zone sahélienne est devenue un sujet de préoccupation qui nous interpelle tous… Ce n’est pas une crise de faible intensité ni une menace locale, nous avons besoin d’une action militaire clairement aujourd’hui ». Pour le président béninois Boni Yayi, qui préside actuellement l’Union africaine : « nous devons secourir le Mali qui nous le demande, ne ménageons aucun effort ».

Mais d’entrée de jeu, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon en ouvrant la réunion avait invité à la prudence : « toute solution militaire pour résoudre la crise sécuritaire dans le nord du Mali devrait être envisagée avec une extrême prudence. Elle pourrait avoir de graves conséquences humanitaires », selon lui.

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Le chapitre VII de la Charte

Le chapitre VII de la Charte des Nations Unies introduit des principes dérogatoires par rapport à certains autres principes établis par la Charte comme le non recours à la force dans les relations entre Etats (article 2 paragraphe 4) et la non-ingérence dans les affaires intérieures d’un Etat (article 2 paragraphe 7). Par son application, le Conseil de sécurité peut permettre l’usage de la force et une intervention militaire au sein d’un Etat.

Le Républicain du 27 Septembre 2012