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Après les municipales, l’heure est aux alliances pour élire les maires et leurs adjoints. Si à Bamako, dans les six communes les jeux semblent faits, à Kalabancoro rien n’est encore clair. Une alliance est en gestation pour barrer la route à l’Adéma et au Cnid.

En politique, tous les moyens sont bons pour parvenir à ses fins, dit-on. Ainsi, les amis d’hier ne sont pas forcément ceux d’aujourd’hui. A Kalabancoro, en 2004, ceux qui avaient fait front commun pour diriger la mairie mais qui ont échoué, ne seront pas cette fois-ci dans le même bateau.

Depuis quelques jours, les états-majors des partis ont commencé les concertations pour la mise en place de l’équipe municipale et la désignation d’un maire. Une certaine alliance est en train de voir le jour qui, selon ses initiateurs, tentera d’occuper le poste de maire. Ces formations politiques sont : le RPM (4 conseillers), le MPR (3), le REED (4), le PDM (4), le Bdia (3). Avec 18 conseillers sur les 29 (la majorité absolue étant de 15 conseillers), cette alliance croit pourvoir occuper la mairie.

Pour les 5 partis politiques, l’essentiel, pour le moment, est de sceller une alliance au sein de laquelle les discussions peuvent s’établir pour désigner un maire consensuel ou, à défaut, par vote. Ils entendent ainsi ravir le fauteuil à l’Adéma et au Cnid. Ces deux formations ont constitué l’équipe communale de 1999 à 2004. Mais, l’alliance des « cinq » semble, de prime abord, fragile dans la mesure où il y a divergence de vue entre certains élus qui n’apprécient pas que l’ancien maire Ibrahima Bamba rempile.

Cette position des élus réfractaires à la reconduction de M. Bamba est partagée par la population de Kalabancoro, qui ne veut pas de M. Bamba dans le bureau communal à plus forte raison qu’il occupe le poste de maire.

Après cinq ans passés à la tête de la mairie, le bilan de la Commune rurale de Kalabancoro laisse à désirer. Pas parce qu’elle ne dispose pas de ressources, mais par le fait de l’immobilisme de M. Bamba et son manque d’initiative. La population est unanime qu’il faut un autre maire pour Kalaban, capable de donner un souffle nouveau à la Commune.

Il faut rappeler que depuis la première élection des maires, la Commune rurale de Kalabancoro n’a jamais eu un maire « travailleur ». La première mandature a été dirigée par l’Adéma, la seconde qui vient de s’achever par le Bdia.

Pour contrer les « cinq », le Cnid et l’Adéma/PASJ ont aussi décidé de signer une alliance. Même n’ayant pas la majorité (11 conseillers), ces anciens alliés qui ont dirigé la mairie de 1999 à 2004 ne désespèrent pas pour autant.

Dans un premier temps, ils n’ont pas fermé la porte des négociations avec le groupe des 5. Secundo, Diakaridia Traoré, tête de liste de l’Adéma, et Issa Ballo du Cnid peuvent compter sur une éventuelle défection de certains conseillers. Mais là où les discussions pourraient achopper, c’est l’intransigeance du Cnid fort de ses 6 élus à ne pas vouloir, sous aucun prétexte, céder le poste de maire.

De sources proches du Cnid, on apprend que le parti du Soleil levant croit en sa chance de diriger la mairie. Quant à l’Adéma, elle compte sur l’implication des responsables de son CE pour faire pression sur ses alliés traditionnels de l’ADP (MPR, Bdia) qui, ajoutés au Cnid, atteindraient plus de la majorité absolue (17 conseillers).

Pour les observateurs de la scène politique à Kalabancoro, rien n’est à écarter et le jeu se fera jusqu’à la dernière minute. Et pour qui connaît le paysage politique de la Commune, les relations sociales peuvent avoir une incidence sur les négociations.

Amadou Sidibé

06 Mai 2009