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Younoussi Touré partira ou ne partira pas ?

Telle semble être la question qui se pose à l’Union pour la République et la démocratie (URD), parti de l’ex-ministre de l’économie et des finances et actuel président de la commission de l’UEMOA Soumaïla Cissé.

En tout cas, le ministre de la santé Oumar Ibrahim Touré, sera l’attraction principale du prochain congrès du parti qui se tiendra du 26 au 27 avril 2008. Il avait déclaré, il y a un peu plus d’un mois qu’il va succéder à Younoussi Touré, que cela plaise ou pas à Soumaïla Cissé lui-même, fondateur de l’URD.

Cette prise de position du deuxième vice-président du parti a provoqué un remue-ménage dans sa famille politique. Au moment des faits, pour calmer le jeu, le fondateur du parti a dû rentrer à Bamako en catastrophe. Et l’on raconte qu’une entrevue, grâce à ses soins, permit d’aplanir les rapports entre les barons du parti.

Après cette police de Cissé, Oumar Ibrahim Touré ne s’est plus prononcé publiquement sur sa candidature. Cela ne signifie pas qu’il a renoncé. Certains assurent qu’il entretien un petit lobby dans des sections. Il s’agit de ces jeunes qui réclament le renouvellement de la présidence du parti en demandant au ministre de la santé d’être leur porte-étendard.

Ils justifient leur requête en mettant en avant des arguments qui peignent le pauvre président sortant comme étant vieux jeu, unilatéraliste et fermé aux idées nouvelles.

Il reste à savoir si Younoussi Touré a autant de soutiens. Durant tout le bruit autour de l’affaire Oumar Ibrahim Touré, lui-même est resté assez silencieux, comme si la polémique ne le concernait point.

Ce qui est sûr, c’est que le vieux a aussi ses partisans. «Je ne dis pas que Oumar Ibrahim Touré n’a pas aidé les militants du parti. Moi-même, j’ai eu beaucoup de lui. Mais, je ne suis pas d’accord avec la manière dont il procède pour parvenir à la tête du parti», a dénoncé un jeune militant du parti, sous couvert de l’anonymat.

En fait, le bonhomme, pris certainement de compassion pour Younoussi Touré, raconta combien il est révolté par les coups bas à l’encontre de ce dernier. «Oumar est en train de pousser les jeunes de certaines sections contre la candidature de Younoussi Touré.

Il mène une campagne médiatique pour justifier sa candidature», a poursuivi le jeune militant acquis à la cause du président sortant.
Même si les défenseurs de M. Touré ne sont pas très bavards, ils ne sont pas à négliger.

La section de Nioro du Sahel soutient par exemple que Younoussi Touré va demeurer le président du parti ; et qu’il est prêté à Oumar Ibrahim l’image du financier de l’URD sans qu’il ne le soit exclusivement.

Mais il ne faut pas oublier qu’il y a un troisième larron, Me Abdoul Wahab Berthé, qui a déclaré ses ambitions présidentielles à la dernière minute. D’aucuns commencent à murmurer qu’il veut amuser la galerie, ne pouvant parier sur le prestige et la réputation que ses adversaires ont.

Par contre, certains le créditent de l’avantage de pouvoir être le candidat du consensus, au cas où un litige opposait les super favoris.
Mais il y a peu de risque que le deuxième parti du pays en arrive à ce scénario catastrophe. Pendant longtemps, le parti a sillonné le pays pour s’implanter davantage, tout comme l’Adema PASJ.

Cette cure de jouvence, à travers le renouvellement des sections, visait à mieux préparer le deuxième congrès.

Ainsi, le 4 avril 2008, la section de Nioro du Sahel a renouvelé son bureau. Outre l’ancien député Cheickna Hamalla Bathily qui en est le Secrétaire général, l’URD compte à Nioro de nombreux cadres. Ce ratissage semble avoir été difficile à réaliser pourtant.

Il y a eu d’abord des difficultés pour convaincre de nouveaux adhérents de taille dans la ville de Nioro du Sahel. «Ces difficultés appartiennent désormais au passé, avec la mise en place du nouveau bureau composé de fortes personnalités telles que : Seydina Oumar Dicko, directeur du CESPA ; Mahamadou Maguiraga ; Ibrahima Diallo dit Béya Al Fousseyni Sow, chef de cabinet du Premier ministre et d’autres cadres», a commenté le Secrétaire général de la section de Nioro.

Ailleurs, il faut rappeler que l’URD a connu des adhésions massives récemment. En mars dernier, le parti a enregistré dans le cercle de Bafoulabé l’adhésion de 31 conseillers communaux et maires. Mais le ton fut donné par Me Demba Traoré, le célèbre dissident du CNID qui a basculé dans le parti avec toute une section, en commune VI.

D’autres militants de partis politiques et responsables communaux de Bamako ont suivi le mouvement. «Je peux citer également l’adhésion du BDIA. Sans risque de me tromper, les 90% du BDIA nous ont rejoints», a dit un responsable de l’URD. La dernière adhésion au parti et non des moindres est celle de Pascal Baba Coulibaly, ancien ministre de la culture d’Alpha Oumar Konaré.

C’est une grande figure politique du pays et un éminent homme de culture. Il est venu à l’URD avec 30 conseillers municipaux, un président de conseil de cercle, un maire et un secrétaire général de section, tous du cercle de Dioïla.
C’est dans ce contexte que s’annonce le congrès qui commence demain. Les organisateurs ne lésinent pas sur les moyens. L’évènement s’annonce comme une démonstration de la représentativité du parti à travers le pays.

Les 703 communes du Mali seront représentées. Et au total, 1065 délégués sont attendus.

Soumaila T. Diarra

Gnimadi Destin