Partager

Comme prévu le 2ème congrès ordinaire de l’URD s’est tenu les 26 et 27 avril derniers. Mais les changements attendus n’ont pas été opérés, en particulier le renouvellement de la direction du parti. La main du Maître, Soumaïla Cissé, n’a pas été étrangère à ce sur-place.

Le week-end dernier, l’Union pour la République et la Démocratie a tenu comme promis son deuxième congrès ordinaire. Et comme promis, ces assises se sont déroulées dans une certaine sérénité et une atmosphère quelque peu apaisée, malgré la tension et la crise qui couve.

En revanche, les changements annoncés par de nombreux observateurs et souhaités par la majorité des militants du parti, n’ont pas eu lieu. Et pour cause. Dès l’ouverture du congrès, les jeux semblaient être faits et les dés pipés à l’avance. En témoignent les deux seuls discours tenus lors de cette cérémonie, et qui serviront d’ailleurs de documents de travail.

Le premier a été prononcé par Younoussi Touré, président sortant du bureau exécutif national de l’Union. Il y a prôné, tout au long, l’unité et la cohésion, la défense de l’identité du parti. Une identité qui pourrait se réduire à une seule et même personne. Son mentor et maître Soumaïla Cissé, qu’il a présenté pour la première fois au public comme étant le « fondateur » de l’URD.

Et il lui a donné la parole, fait inédit quand on sait que Cissé a toujours refusé de figurer officiellement sur la liste des membres. Mais il faut croire que Younoussi avait besoin de l’onction du mentor et, ce, dès l’entame du congrès. Il ne sera pas déçu. Cissé dans son speech a félicité et encouragé le président sortant, lui a renouvelé son soutien et sa confiance.

Auparavant, il a évoqué les déchirures et divisions au sein des partis (il en sait quelque chose) Dans son sens, toute ambition émanant d’un autre et tendant à bouleverser l’ordre établi par lui est un acte contre le parti. Son ordre : arrêter les chicanes et polémiques vaines. Tous doivent obéissance et fidélité, éprouver probité et loyauté envers lui, seul et unique fondateur du parti. Ce sont là ses seuls critères d’appréciation.

En Younoussi, il a trouvé l’homme idéal pour continuer à régenter un parti qui aspire à plus de démocratie et de responsabilité.
Ce sens de la responsabilité viendra de la part d’un autre. Le deuxième vice-président qui, avec de nombreux autres camarades, avait tenté de prendre les commandes du parti pour lui impulser une véritable démocratie et l’arracher des griffes du mentor, de son emprise et de ses diktats.

Mais dans un souci d’apaisement, de cohésion et d’unité, il a dû pour l’instant remiser les ambitions qu’il nourrit pour le parti. Bien lui en a pris. C’est à partir de sa suite d’un hôtel de la place que Cissé a démarché et entrepris les délégués pour constituer une commission d’investiture d’un nouveau bureau. Une commission qui de fait se réduisait à sa seule personne.

Il a donc confectionné sa liste, l’a présentée en plénière. Mais les délégués n’étaient pas d’accord sur tout, en particulier sur la tentative du mentor d’exclure du nouveau bureau le deuxième vice-président, Oumar Ibrahim Touré. Devant la réticence des délégués à cautionner sa liste, il a été appelé d’urgence et est venu au pas de charge. Finalement tout est rentré dans l’ordre. Oumar Touré s’est révélé indéboulonnable. Selon beaucoup de délégués, il est le véritable homme fort du parti.

A l’issue des travaux, un bureau consensuel de 67 membres a été mis en place. Les seuls changements notables sont l’élargissement du nouveau BEN et l’entrée de nouveaux adhérents. Younoussi Touré et Oumar I Touré gardent leurs postes respectifs de président et deuxième vice-président du bureau exécutif national de l’URD.

Reste à espérer que dans un proche avenir, ce parti tiendra de véritables assises au cours desquelles le débat démocratique ne sera pas tué dès l’entame.

Cheick Tandina

28 Avril 2008