Partager

La rencontre de la confrérie musulmane, la Dawa, qui s’ouvrait ce 14 septembre 2012 à Bamako a été reporté sine die. Et pour cause : la tension sociale née de la fusillade d’un groupe de la congrégation composé de mauritaniens et de maliens.

Étymologiquement, la Dawa signifie appel vers le chemin de Dieu. A priori, la pratique ne souffre d’aucune ambigüité du fait que la population malienne est à plus de 90 % musulmane. Le congrès annoncé devrait accueillir des délégations d’adeptes venues de la Guinée, du Sénégal, de la Mauritanie mais aussi de pays asiatiques tels que l’Afghanistan et le Pakistan. C’est d’ailleurs dans ce dernier pays que la confrérie serait née et fait son entrée au Mali dans les années 1980.

Mais la situation sociale du pays marquée par une crise identitaire liée à la religion laisse perplexe. Le nord du pays est occupé par des mouvements armées qui réclament l’instauration de la charia, la loi islamique, au Mali. Ces intégristes ont pour leader Iyad Ag Ghaly qui serait un membre de la Dawa. Et justement, selon les responsables de la confrérie, le congrès annoncé visait à condamner les actes du chef islamiste touareg et de se désolidariser de ses actions. Le rendez-vous était trop important pour se tenir dans la «clandestinité» : environ 5000 personnes étaient attendues.

Pour les initiateurs, les autorités maliennes étaient bien informées de la rencontre. Ce que semble avoir confirmé le ministre de la sécurité intérieure et de la protection civile, Tiéfing Konaté, qui a indiqué que toutes les personnalités étrangères étaient répertoriées par les services de sécurité. Pour une précaution sécuritaire, assure-t-il, celles-ci devraient quitter le pays le 21 septembre, date à laquelle devait prendre fin le congrès.

Mais pourquoi donc l’incident du 8 septembre a-t-il abouti à la fusillade de 16 personnes issues d’une délégation qui s’acheminait vers Bamako ? Peu de réponses circulent sur cette question. Ce qui est sûr le congrès a été annulé. Par qui ? Selon nos informations, la décision d’annulation aurait fait l’objet d’une communication orale du conseil des ministres du 12 septembre, sans pour autant figuré dans le communiqué dudit conseil des ministres. Pour d’autres, ce sont les initiateurs qui ont décidé de reporter la rencontre à une date ultérieure après un constat de panique au sein des délégations étrangères qui demandaient à rentrer dans leurs pays respectifs.

Seydou Coulibaly

14 Septembre 2012

©AFRIBONE