Partager

Thouk Reath, 19 ans, se rétablissait après s’être fait amputer une jambe blessée par balle dans des combats, dans le nord-est du Soudan du Sud, quand la clinique où il était soigné a dû être évacuée en raison d’échanges de tirs. Les patients et le personnel médical du petit hôpital de Maiwut risquaient d’être pris sous le feu de l’offensive menée par l’armée gouvernementale en direction de la ville de Pagak, l’un des bastions de l’opposition situé non loin de là, à la frontière avec l’Ethiopie. Les Nations unies avaient annoncé la semaine passée que 5.000 personnes vivant dans cette zone avaient dû traverser la frontière. Un porte-parole de la rébellion a confirmé à l’AFP que 25.000 autres ont fait de même au cours du week-end, fuyant les combats. « On m’a tiré dessus et ma jambe a été amputée à l’hôpital de Maiwut où j’étais en convalescence jusqu’à ce qu’on nous dise d’évacuer », explique Thouk, allongé sur un drap bleu. « Ca a été un voyage pénible. On nous a d’abord conduits à Pagak, puis emmenés en avion à Old Fangak (à quelque 300 km plus à l’ouest) et enfin fait traverser la rivière en bateau pour aller à l’hôpital », raconte-t-il. Old Fangak est une petite ville faite de huttes en terre, étalée sur les deux rives du Nil Blanc. Le lieu est marécageux et sans accès aux routes principales. Le moyen le plus rapide d’emmener les patients dans l’hôpital de brousse est donc le bateau. Thouk était à Maiwut, à environ 25 km de Pagak, après avoir été déplacé une première fois il y a plus d’un an, quand son village avait été attaqué. Il n’a plus vu ses parents et craint qu’ils soient morts.- Traumatisée – Avec l’arrivée de Thouk et d’environ 20 autres patients, l’hôpital d’Old Fangak s’est transformé. Une simple tente a laissé place à plusieurs chambres, avec des lits métalliques blancs et des couvertures chaudes, le tout couvert par une bâche étanche. Infirmière en charge des lieux pour le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Robbie Gray se rappelle avoir été obligée « d’arrêter au milieu d’une opération chirurgicale » pour évacuer la clinique de Maiwut.AFP