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La coordination des syndicats des chauffeurs et conducteurs routiers du Mali a été créée il ya plus de 20 ans. L’idée de création de cette coordination est venue de Siaka Sanogo, un chauffeur, aujourd’hui admis à la retraite à Sogoniko. Approché M. Sanogo dira des années 70 à 80, chaque fois qu’un chauffeur mourait suite à un accident ou une maladie, le propriétaire du véhicule venait donner un sac de riz ou de mil et un billet de 5000F ou 10 000F à la famille du défunt pour ne plus y mettre pied.

Par la suite, ayant compris que cela constituait une source de frustration pour les chauffeurs, Siaka Sanogo dit avoir entrepris des démarches auprès de ses collègues afin de trouver une solution à ce problème. Ainsi, à chaque fois qu’un chauffeur routier mourait, il se promenait de gare routière en gare routière pour rencontrer les chauffeurs qui conduisent les camions transportant les marchandises et carburants entre les différents Etats. Des fois, il ramassait 300 000F, 200 000F ou plus afin de remettre quelque chose de consistant à la famille du défunt.

C’est suite à ces actions que ses collègues et lui-même ont décidé de créer un syndicat pour défendre la cause des chauffeurs routiers. Il travaillait avec feu Massalim Tounkara qui était à l’origine de bon nombre d’initiatives. Après avoir résisté aux vicissitudes du temps et des adversaires, la coordination a démarché la mairie de la Commune VI pour avoir des piècees juridiques fiables afin de continuer à gérer le parking de Banankabougou au moment où Baba Sanou était Maire de la même commune.

C’est ainsi que la mairie a établi un contrat dûment signé en 2000 pour la gestion du parking au nom du syndicat que dirigeait Siaka Sanago. Le syndicat payait mensuellement 100 000F à la mairie en guise de taxe.

En 2002, la coordination des syndicats des chauffeurs et conducteurs routiers a été sommée d’augmenter les taxes de 100 000F à 150 000F CFA. C’est en 2005 que ce montant a été revu à la hausse par l’équipe dirigée par Souleymane Dagnon qui menaçait de retirer le contrat au groupe qui gérait. Le montant est allé de 150 000F à 400 000F CFA, cette fois-ci avec un contrat d’un an renouvelable tacitement.

En 2006, un autre groupe de chauffeurs, avec à sa tête un certain Abdoulaye Diabaté, tentera de retirer le parking au groupe de Siaka Sanogo. L’affaire finira au tribunal et le groupe Siaka Sanogo gagnera le procès. Cependant en 2007, au moment où le groupe Siaka Sanogo s’apprêtait à renouveler le contrat, il a été convoqué par Amadou Sawadogo, 1er adjoint sortant au maire de la commune VI.

“Je vais casser le contrat que la mairie vous a donné même si vous voulez, dites à votre Dieu de faire déscendre un couteau en flamme, je n’hésiterai pas à mettre mon cou la dessous”, c’est en ces termes que le 1er adjoint se serait adressé à Siaka Sanogo pour l’envoyer paître. C’est ainsi que Sawadogo appela le secrétaire général de l’UNTM, en lui confiant le contrat des transporteurs concernant la gestion du parking. Et pourquoi cet état de fait?

A i’époque, beaucoup de personnes n’avaient pas compris l’implication de l’UNTM .Pour elles une centrale syndicale a pour mission de lutter pour la satisfaction des revendications des travailleurs. Elle ne doit aucunement jouer pour la division. Or Siaka Diakité a pris le contrat et l’a confié à un groupe dirigé par un syndicaliste des transports urbains en l’occurrence Marafa Touré.

Car, a-t-on appris, ce dernier avait proposé qu’il augmentera les frais à payer à la mairie de 400 000F à 500 000F CFA. M. Sawadogo étant le chargé des finances n’a pas hésité à tourner la veste. C’est ce qui a poussé Siaka Sanogo et les siens à entreprendre des démarches auprès du ministre de la Justice, Garde des sceaux et du tribunal administratif auprès duquel le groupe Siaka Sanogo a introduit une plainte contre ceux qui gèrent actuellement le parking.

L’ex avocat dudit groupe Maître Moctar Mariko aura joué en faveur du groupe dirigé par Marafa Touré. Rien n’est joué dans cette affaire, les syndicats de gros porteurs n’admettent pas que leur parking soit géré par des chauffeurs de SOTRAMA et de taxi qui sont plutôt membres du syndicat des transports urbain et inter urbain. Le groupe Siaka Sanogo entend tout mettre en oeuvre pour rentrer dans ses droits auprès des autorités administratives.

B.S

15 mai 2009