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Pendant que chaque semaine apporte son lot d’informations inquiétantes relatives à des agressions perpétrées par des Guinéens sur les populations de Siradiouba, village malien situé à la frontière des deux pays dans le cercle de Yanfolila, arrondissement de Guélénicoro, l’Etat malien n’a rien trouvé de mieux que de garder un silence assourdissant sur ce dossier pour le moins explosif.

Il urge que le gouvernement, à travers le ministère de la Protection civile et de la Sécurité intérieure ou le département de l’Administration territoriale et de collectivités locales ou même le président de la République, Amadou Toumani Touré, s’impliquent dans cette situation qui aurait déjà fait, selon des sources crédibles, une demi-douzaine de morts dans la communauté malienne.

C’est connu, le gouvernement malien a durablement opté pour la politique de l’autruche dans la gestion des dossiers sensibles, préférant se poser ensuite en sapeurs-pompiers. Hélas, l’épineux dossier du conflit foncier entre les communautés des villages malien de Siradiouba et guinéen de Dalakan n’a pas échappé à cette triste réalité.

Aux dernières nouvelles, l’on enregistre six morts au sein de la communauté malienne de Siradiouba, paisible village d’agriculteurs situé dans le cercle de Yanfolila. Et devant l’incapacité des autorités à assurer leur sécurité, les populations ont fait appel à tous les chasseurs du Wassoulou pour aller en découdre avec les assaillants. Un cas de figure qui ne promet rien de bon, car il pourrait déboucher sur un scénario-catastrophe, avec à la clé, des tueries de part et d’autres de la frontière Mali-Guinée.

Le Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga lèguera-t-il à son successeur une véritable bombe sociale ? Comment ne pas se poser la question devant la tournure dramatique vers laquelle on s’achemine, du fait de la négligence coupable de l’Etat malien, après une agression soldée par mort d’hommes.

En effet, le 26 mai dernier, des civils guinéens ont franchi le Sankarani, un cours d’eau servant de frontière naturelle entre le Mali et la Guinée, pour aller assassiner, de sang-froid, dans son champ, Domo Noumakan Sidibé, un paysan de 60 ans ressortissant du village de Siradiouba. Non contents de cette équipée meurtrière, les Guinéens feront d’autres incursions en territoire malien sanctionnées, selon des sources dignes de foi, par la mort de six Maliens.

Ces agressions sont liées à des problèmes de terres se trouvant en territoire malien, que, dans le cadre du bon voisinage, les Maliens avaient prêtées à leurs frères guinéens et à la découverte d’un placer d’or toujours du côté malien.

Yaya SIDIBE

03 août 2007.