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Aujourd’hui si une une situation préoccupe beaucoup dans notre pays, et plus particulièrement à Bamako, c’est bien la vente des parcelles devenue une pratique courante pour certaines personnes. C’est pourquoi, nous assistons parfois à des échauffourés de toutes natures entre ceux qui réclament la paternité du domaine en question et les autorités communales dont l’argument principal est le développement de la commune.

C’est le cas entre le maire de la Commune III, Abdel Kader Sidibé et un groupement d’associations d’artisans dénommé <> qui sont aujourd’hui à couteaux tirés.

La parcelle de conflit

La parcelle qui fait l’objet de conflit est un espace situé à Ouolofobougou-Bolibana, tout juste à côté du siège de la Radio Fréquence 3. Selon nos sources, elle est occupée depuis plus d’une trentaine d’années par les artisans. Ils sont plus de 300 occupants et qui payent régulièrement leurs impôts.

A partir de l’explication du président de l’Association M. Karim Traoré et ses compagnons de lutte, le maire de la Commune III veut violer la sentence du tribunal administratif de sa commune pour vendre ladite parcelle à un opérateur économique de la place qui n’est autre que M. Lamine Traoré.

Cet acquéreur dont on parle est non moins le propriétaire de la Radio Fréquence 3 et aussi le Directeur de l’entreprise EMA-SARL qui veut coûte que coûte retirer la parcelle aux artisans qui, pourtant, sont des premiers occupants de cet endroit. Mécontents de cette vente qui, pour eux est illégale, les artisans sont aujourd’hui sur le pieds de guerre.

Car pour eux, il ne sera jamais question de céder la parcelle au maire qui, selon eux, entend ainsi fouler aux pieds la loi. Ainsi, ils entendent se battre jusqu’au bout, au prix de leur vie.


Les explications de l’association “DEME TON”

Ce n’est pas la première fois qu’il y a un conflit autour de cette parcelle, car sous l’ancien président de la République Alpha Oumar Konaré, le maire qui était en ce moment à la tête de la Commune III avait également tenté la même chose. Il s’agit de Djibril Sangaré, qui en son temps, avait voulu la vendre à une entreprise chinoise.

Non contente de cette vente, l’Association <> avait porté plainte devant le tribunal administratif de la Commune III. L’affaire a également fait l’objet de l’intervention de l’ancien président de la République Alpha Oumar Konaré, qui avait aussitôt instruit au maire de surseoir à la vente pour ne pas porter nuire aux 300 occupants. C’était d’ailleurs pour éviter que ces personnes ne soient désoeuvrées.


Un parcelle d’une valeur de plusieurs millions

Selon les artisans, avec l’arrivée de Abdel Kader Sidibé comme maire de la Commune III depuis 2004 le problème a ressurgi, or il était déjà clos, ont-ils dit. Aussi, selon nos sources, la parcelle doit coûterplusieurs millions de F CFA.

En attendant la suite de cette affaire, la fédération des artisans du Mali (FENAM), la Chambre des Métiers et le département en charge du foncier apportent leur soutien à l’Association <>. Pour le moment, il y a le calme car, le maire n’est pas à Bamako; il est parti à l’extérieur pour une mission.

En tout état de cause, l’affaire de cette parcelle reste ouverte jusqu’à ce que justice soit faite de façon définitive entre les deux parties?

En attendant, les artisans restent toujours campés sur leur position.


Hady BARRY

09 Mai 2008