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A Ouena, village situé dans la commune rurale de Dioro, cercle de Ségou, les familles de Fotigui Diarra et de Lassana Diarra, qui ont l’agriculture comme activité principale, ont une toute autre préoccupation, pendant cette campagne agricole. Ils sont devant la justice après un litige foncier et affrontement sanglant entre les deux familles. Des coups et blessures volontaires ont causé de nombreux blessés. Cependant la justice a une grande part de responsabilité, dans ce drame, faute d’avoir tranché vite un litige foncier porté devant elle.

Il s’agit d’une affaire de réclamation de terre de culture, après plusieurs années d’exploitation par celui qui a été habilité à l’utiliser. Après avoir obtenu du chef de village de Ouena, le droit d’utiliser le champ, Sinaly Diarra et ses descendants l’ont occupé jusqu’en 2010, selon nos sources proches du dossier.

Suite à une mésentente entre les deux familles, c’est en en 2011 que la réclamation a été faite au chef de village actuel, par celui qui prétend que le champ appartient à ses ascendants. Mais les utilisateurs actuels du champ, s’opposent à cette requête faite devant le chef de village. Le conflit est porté devant la justice et le juge de Markala a décidé de maintenir le statu quo : la poursuite de l’exploitation du champ par l’utilisateur actuel du champ, Fotigui Diarra. Mais cette décision sera infirmée par la cour d’Appel, déboutant Fotigui.

Parallèlement à cette procédure, la famille de Fotigui Diarra avait demandé à la justice de Markala, pour éviter les affrontements, d’ordonner la mise en défens du champ, au motif que la propriété n’a pas été tranché. Mais le tribunal n’a pas fait droit à cette demande.

Selon un professionnel du droit approché, la lenteur de la justice est gravement mise en cause dans cette affaire, du fait que « l’appel contre la décision du tribunal de Markala a trainé avant d’être récemment transmis à la cour d’Appel, après plus d’une année d’attente». C’est faute d’une décision s’imposant à tous, que les deux parties se sont retrouvées sur le même champ, le dimanche 5 juin, où le champ de culture a été transformé en champ de bataille. Au cours des affrontements, plusieurs personnes ont été grièvement blessés, certains ont été poignardés, d’autres coupés à la hache. Il y a eu des blessés graves à l’instar de Nouhoun Diarra, Issa Diarra, Sambou Diarra, Daouda Diarra. Suite à cet affrontement, le tribunal a engagé des poursuites au pénal contre Abdoulaye Diarra, Ousmane Diarra, Mama Diarra, Bekaye Diarra, Mamadi Diarra. Bien qu’ils aient été libérés provisoirement, le mardi 26 juillet dernier, bon nombre d’entre eux ne pourront pas se livrer à leurs activités champêtres. Le risque n’est-il pas grand que les mêmes causes produisent les mêmes effets, si les deux familles prétendent toujours à la propriété foncière, la justice n’ayant pas tranché. Le jugement au pénal serait attendu pour le mois d’aout. Et suite au pourvoi fait le 7 Octobre 2013, contre la décision de la cour d’Appel, la cour suprême n’a toujours pas tranché.

Le Républicain du 29 Juillet 2016