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Un affrontement est survenu le vendredi dernier à Niono, ville située à cent et quelques kilomètres de la quatrième région Ségou, entre population et policiers renforcés par la garde et la gendarmerie. Cet affrontement a fait plusieurs blessés des deux côtés et certains civils ont été emprisonnés dans les locaux de garnison de la gendarmerie.

Selon nos informations, la ville de Niono connaît depuis quelques années déjà de nombreux problèmes dont la plupart se terminent par des conflits sanglants entre administration de connivence avec des élus locaux contre les populations civiles de Niono. Il s’agit des conflits nés des problèmes fonciers: des vergers ou des champs de labour.

LES CAUSES DE L’AFFRONTEMENT SURVENU LE 11 AVRIL

Pour ce qui est de cette violence entre les forces de l’ordre et les populations civiles, elle a pour cause essentielle le lotissement voulu par le maire de la commune urbaine de Niono. Il s’agit d’une parcelle aménagée en jardin située vers une zone de la ville appelée “Noco Koloni” sur la route Koyancoura, un village non loin de Niono.

Le verger dont il est question appartient depuis plus de trente années déjà à quelques familles à Niono. L’attribution de cette parcelle avait fait en son temps l’objet de la signature d’une convention entre l’Office du Niger et ces familles.

Selon les informations recueillies sur place, le maire a voulu s’emparer de cette parcelle avec ou sans compromis sur les modalités de la rupture de leur contrat avec l’Office du Niger.

Il semblerait également que le maire du nom de Boubacar Fomba a reçu l’autorisation de l’Officier pour le retrait de cette parcelle et que par conséquent, aurait fait des propositions jugées insignifiantes pour les maraîchers.

PROPOSITION DES PROPRIETAIRES TERRIENS

D’après nos sources, jamais les propriétaires n’ont refusé de céder la parcelle. Seulement, il semble qu’ils auraient demandé au maire d’attendre la fin de la cueillette de leurs plantes en vue de pouvoir éventuellement discuter sur les modalités de rupture de contrat, d’où l’impatience du maire Fomba.

Ces maraîchers auraient également demandé, dit-on au maire de dédommager chaque tronc d’arbre planté dans la parcelle en plus de la somme due à la rupture de contrat. Car, selon les gens, à cause de ladite parcelle, nombreux sont ceux qui nourrissent leurs familles avec le revenu provenant de cette terre.

Ils traitent aussi le maire Fomba de vouloir vendre tous les terrains qui se trouvent aux alentours de Niono. Ce qui de plus en plus fait beaucoup de mécontents aujourd’hui parmi les populations de Niono.

LE DESARROI DES POPULATIONS DE NIONO

La ville de Niono va-t-elle rester à la traîne ? C’est le grand carrefour tant convoité et le grand gâteau que les politiciens se partagent depuis des décennies, au détriment des pauvres populations. Cette affaire de lotissement de verger n’est pas une première et qu’on ne vienne pas perturber la quiétude des paisibles populations pour des intérêts sordides. Les populations de Niono n’aspirent qu’au développement de leur localité.

Après la marche du 11 avril 2008, une assemblée générale a été convoquée par le chef de village sur l’initiative du maire, le lendemain 12 avril dans la salle de délibération de ladite mairie. Au cours de cette réunion, c’était la libre expression, des membres de la coopérative des maraîchers aux autres membres de l’association.

Le maire, dans son intervention, avait des pièces justificatives pendant ce moment ce fut comme une double froide pour les maraîchers, mais qui refusent la signature de tout accord. Par conséquent, le conseil communal avait donc délibéré au cours de sa session qu’un lot sera attribué à chacun des 41 propriétaires de verger et on procéda à la libération des sept maraîchers.

Au même moment, quatre députés, trois de Niono et un de Niéna ont intimé selon nos sources au maire d’arrêter les travaux de déblayage de la parcelle entamée par le bulldozer.

LA MEDIATION

Compte tenu de la gravité de ce conflit foncier, le Gouverneur de Ségou Abou Sow , accompagné du Directeur Général de l’Office du Niger, M. Seydou Idrissa Traoré ont été sollicités par les autorités administratives de Niono en vue de faire revenir les deux parties à de meilleurs sentiments.

Aussitôt arrivés, les deux responsables ont convoqué une assemblée générale hier 15 avril dans les locaux de la mairie de Niono pour écouter les parties.

Après les arguments des deux parties, les responsables ont demandé la libération des prisonniers mais aussi l’attribution d’un lot à chacun des 41 propriétaires. La sentence fut acceptée par tous.

Hady BARRY

16 avril 2008.