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Par son comportement, le Premier ministre dérange certains acteurs de la vie politique. Au même moment, il préserverait ses arrières personnels avec des nominations fantaisistes au sein de son Cabinet. Selon certains observateurs avertis, le retour au pays du Président de la République et l’ultimatum de la CEDEAO de mettre sur pied un nouveau gouvernement étaient une occasion de mettre fin aux conflits au sommet de l’Etat. Lorsque le système se retrouve face à lui-même, alors le sacrifice des cadres devient un rituel quotidien.

La nomination de Cheick Modibo Diarra aurait fait pousser des ailes au Capitaine Sanogo car depuis sa nomination, le Premier ministre n’éprouverait du respect et de la considération qu’envers les militaires, qu’il se moquerait éperdument du Président intérimaire et bafouerait l’ordre hiérarchique de la république. Depuis sa nomination, il ne ferait qu’exceller dans la contre-performance, à telle enseigne que ses protégés d’hier (les militaires) se seraient aujourd’hui lassés de lui. Mais en dépit des gaffes de son Premier ministre, Dioncounda Traoré aurait aussi du mal à s’assumer en tant que Président de la République. Toute chose qui fait qu’on assiste à un bras de fer entre les deux patrons de l’Exécutif. La dernière bévue en date du Premier ministre, ce serait d’voir opéré, lors de la formation du gouvernement, des choix contraires aux vœux du Président de la République sans que ce dernier n’en pipe d’ailleurs aucun mot.

Des litiges et des campagnes de déstabilisation

Selon des sources proches de son entourage, le Premier ministre n’a pensé qu’à nommer ses proches au sein de son Cabinet : il voudrait ainsi s’assurer de mener à bien la transition avec ses propres hommes plutôt qu’avec les alliés du Chef de l’Etat. Ce qui fait que Cheick Modibo Diarra se méfierait beaucoup du Président intérimaire. Il ferait aussi de la diversion en public en faisant croire qu’il éprouve de l’estime envers Dioncounda Traoré. Toujours selon nos sources, le Premier ministre ne serait pas non plus en odeur de sainteté avec une bonne frange des collaborateurs du Président de la République, surtout avec les conseillers de ce dernier. Par ailleurs, des voix s’élèvent au sein de son propre parti politique pour dénoncer sa passivité par rapport aux prises de décision.

oute chose qui incite ses amis du front à douter de la bonne marche de la transition car selon eux, les frustrations et tensions provoquées par Cheick Modibo Diarra ne peuvent favoriser un climat de confiance et de bonne collaboration. Et ce bras de fer engagé en douce par le Premier ministre contre le Président de la République sera décisif dans la gestion de la crise que traverse actuellement le pays. Dioncounda Traoré finira peut-être par comprendre les menaces qui planent sur lui et pourrait donc remettre en cause ses relations avec son Premier ministre et procéder, si possible, à son changement s’il tient à ce que les partenaires techniques et financiers du pays lui fassent confiance et l’aident à mener à bien la transition.

Paul N’Guessan

Le Combat du 27 Août 2012